Val-de-Marne : un collège privé d'eau potable depuis près de deux mois, des conditions sanitaires indignes dénoncées

Les toilettes du collège sont inutilisables depuis le mois de décembre (Photo : Getty Images/Mint Images RF) (Getty Images/Mint Images RF)

Les élèves ont notamment pour seuls sanitaires une dizaine de toilettes mobiles installées à l'extérieur de l'établissement et donnant sur un boulevard.

Une situation intenable... et qui s'éternise pourtant. Depuis le début du mois de décembre 2022, le personnel et les élèves du collège Guy-Moquet de Villejuif (Val-de-Marne) doivent composer avec des conditions sanitaires exécrables, en raison d'une coupure de l'eau potable.

Comme l'explique Actu Val-de-Marne, l'établissement connait depuis plusieurs années des problèmes de plomberie, qui ont récemment culminé avec un rapport indiquant que les dernières analyses sur la potabilité de l’eau n'ont pas été "concluantes". Rapidement, cette annonce a déclenché une cascade de problèmes.

"Tous les passants peuvent voir nos élèves aller aux toilettes"

Contrainte notamment de fermer les WC intérieurs "faute de surveillants pour s’assurer que les élèves ne s’intoxiquent pas", la direction a trouvé une solution d'urgence loin d'être satisfaisante. Une dizaine de toilettes de chantier ont ainsi été installées à l'extérieur du bâtiment principal, près des grilles du collège.

"Les toilettes sont froides, sales et ne sont pas équipées de poubelles, décrit Sophie Soulas, professeure de lettres de l'établissement. Les jeunes ne peuvent pas non plus se laver les mains. Elles donnent directement sur le boulevard. Tous les passants peuvent voir nos élèves aller aux toilettes : on a connu mieux question sécurité."

La cantine également impactée

L'absence d'eau potable pose également problème à la cantine, selon Actu Val-de-Marne. Laver les couverts et les assiettes étant "désormais impossible", les élèves et le personnel emploient "des ustensiles en plastique ou en carton", jetables donc.

Cette désolante gabegie écologique engendre évidemment un surcoût pour le collège, évalué à 350 euros par semaine. Pour ne rien arranger, celui-ci a également dû acheter des bouteilles d'eau pour les élèves et a récemment fini par investir dans trois fontaines à eau.

"Ce n'est pas humain"

Pour l'heure, en effet, aucune date n'est prévue pour le retour de l'eau potable dans l'établissement. "On attend une solution immédiate et pérenne, affirme Sophie Soulas. On veut que nos élèves puissent travailler dans les conditions qu’ils méritent. Là, ce n’est pas humain."

"Ici, on a la chance d’avoir des enseignants appliqués qui se battent tous les jours pour l’éducation des jeunes, complète une représentante des parents d'élèves. Mais un collège sans eau potable depuis un mois et demi ? Après, on s’étonne que les gens fuient vers le privé…"

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