Vague de froid: à Calais et Grande-Synthe, les migrants ne sont pas épargnés

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La France connaît une vague de froid intense depuis le week-end dernier avec des températures négatives sur une majorité du territoire. Les départements du Pas-de-Calais et du Nord sont particulièrement touchés : il y a fait -7°C durant la nuit de lundi à ce mardi 9 février. Les préfectures ont pris des mesures pour mettre à l'abri les personnes à la rue, avec une situation particulière dans cette région où près de 1 000 personnes migrantes vivent dans des campements.

Le froid s'installe en France en ce début de mois de février. Une météo qui met à rude épreuve les personnes sans abri. Dans le Pas-de-Calais et le Nord, les migrants en souffrent. D'autant plus que dans les heures prochaines, Météo France annonce une température ressentie à -16°C...

Pour aider les sans-abri à affronter cette vague glaciale, des places d'hébergements ont été ouvertes avec des systèmes de navettes pour les emmener. Et à Calais, deux hangars ont été ouverts pour accueillir les exilés. Mais ces mesures sont loin d'êtres suffisantes pour les associations qui leur viennent en aide chaque jour. Elles signent un communiqué commun pour dénoncer cette situation.

« Le plan Grand Froid est ouvert, mais on les réveille à 7h00, et à 9h00, on les met dehors. La journée, ils ne sont pas à l’abri du tout », explique Yolande Bernard, vice-présidente de l'association Salam. Prendre un bus pour rejoindre ces hangars, quitter son campement de fortune, c'est aussi prendre le risque de perdre toutes ses affaires. « Hier, il faisait très froid. Il neigeait… Et la police est venue et a confisqué 14 tentes. Malgré le froid, ils prennent les tentes et les mettent à la benne », déplore encore Yolande Bernard.

« C'est un cercle vicieux »

À Grande-Synthe, dans le département du Nord, l'association Salam dénonce aussi un hébergement inadapté à la réalité de ces exilés, qui sont de plus en plus nombreux à tenter de rejoindre l'Angleterre en bateau.

« Le dispositif n’est pas fait pour… C’est-à-dire, on n’entre pas au milieu la nuit. Il y a des départs de bus en fin de matinée. Et là, ils ont promis qu’il y aurait un deuxième bus à quatorze heures. Mais en général, les départs --- sont plutôt la nuit, quand ils risquent moins d’être repérés. Donc il n’y a aucune solution pour quelqu’un qui fait naufrage, développe Claire Millot, secrétaire générale de Salam. C’est un cercle vicieux. Plus la situation est intenable, plus ils ont envie de passer et plus les conditions de passage sont atroces. »

Le week-end dernier, les associations ont enregistré huit naufrages en une nuit. Selon elles, la plupart des rescapés, pourtant trempés, sont restés à la rue, faute de solution d'urgence. Dans le même temps, à Grande-Synthe, un dispositif de maraudes sociales et de navettes vers les places d'hébergement dédiées à l'accueil inconditionnel des personnes migrantes a été maintenu et amplifié. Actuellement, 933 places sont dédiées à cet accueil de premier niveau, qui constitue un répit pour les publics en exil et leur permet d'obtenir un accompagnement administratif.