«Vacunagate» en Argentine: le ministre de la Santé contraint à la démission

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Le scandale couve en Argentine, suite à la découverte de l’existence d’une filière clandestine de vaccination anti-Covid, réservée à des proches du pouvoir, fonctionnant au sein même du ministère de la Santé et en dehors du programme officiel réservant le vaccin à des groupes prioritaires. La démission du ministre a été exigée par le président péroniste Alberto Fernández.

avec notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet

Selon le plan officiel, seuls les personnels de santé et, depuis cette semaine, les Argentins de plus de 70 ans de la province de Buenos Aires, peuvent être vaccinés. Mais des parlementaires péronistes et des proches de membres du gouvernement, y compris des jeunes de moins de 30 ans, ont pu accéder au vaccin. Grâce à une filière clandestine, mais VIP, fonctionnant au sein même du ministère de la Santé.

L’affaire a été révélée, a priori involontairement, par Horacio Verbitsky, un journaliste connu, lié au pouvoir et président du CELS (Centro de Estudios Legales y Sociales, organisation non-gouvernementale fondée en 1979 pour protéger les droits humains), qui a reconnu avoir pu être vacciné dans ces conditions, et sans y avoir droit, après avoir passé un coup de fil à son « vieil ami » le ministre Ginés González García.

Le ministre a ensuite été démissionné par le président Alberto Fernández. Mais le scandale s’amplifie, parce que de nouveaux noms s’ajoutent à la liste de vaccinés indûment, qu’il s’agisse de personnalités politiques ou de proches de parlementaires. Pendant ce temps, les Argentins ayant droit à la vaccination et inscrits sur Internet, attendent leur tour.

L'Argentine a dépassé à la mi-février le seuil des 50.000 décès liés au Covid-19 et compte plus de deux millions de cas de contamination par le coronavirus, selon des chiffres du ministère de la Santé. Jusqu'à présent, l'Argentine a reçu 1.220.000 doses de Sputnik V et 580.000 doses du vaccin indien Covishield, arrivées en milieu de semaine. Le plan de vaccination du gouvernement comprend ensuite des vaccins d'Oxford/AstraZeneca, pour un total de 62 millions de doses cette année entre les différents contrats, dont un avec le mécanisme de coopération internationale Covax.

L'Argentine n'est pas le seul pays d'Amérique latine concernant par des passe-droits en matière de vaccination. Un scandale similaire a touché le Pérou où quelque 487 personnalités, parmi lesquelles un ex-président, deux ministres, des fonctionnaires, des universitaires, des hommes d'affaires et le nonce apostolique ont été vaccinés avant même le début de la campagne d'immunisation, précise l'AFP.

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