Vaccins: Londres rassuré par les garanties européennes, Bruxelles admet une "gaffe"

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VACCINS: LONDRES RASSURÉ PAR LES GARANTIES EUROPÉENNES, BRUXELLES ADMET UNE "GAFFE"

LONDRES/BRUXELLES(Reuters) - La ministre britannique du Commerce Liz Truss a déclaré dimanche avoir reçu de la part de l'Union européenne la garantie que les doses de vaccins commandées par le Royaume-Uni lui seraient livrées, après que Bruxelles a reconnu avoir commis une "gaffe" en invoquant la procédure d'urgence prévue par l'accord du Brexit.

Sur fond d'inquiétudes mutuelles de ne pas avoir assez de doses pour maintenir un rythme de vaccinations suffisant pour endiguer l'épidémie de coronavirus, la Commission européenne a annoncé vendredi qu'elle imposerait des contrôles à l'export sur les vaccins produits sur son seul

Mais en quelques heures, elle a été contrainte de revenir en partie sur cette annonce face aux protestations britannique et irlandaises. Des officiels européens ont reconnu que c'était une erreur d'envisager des contrôles à la frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord alors qu'éviter de tels contrôles a été au coeur de cinq ans de négociations d'un accord post-Brexit.

"Il est vital que nous maintenions les frontières ouvertes, que nous résistions au nationalisme des vaccins, que nous résistions au protectionnisme", a dit Liz Truss sur Sky News. "Nous avons reçu l'assurance de l'Union européenne que ces contrats ne seront pas perturbés."

UN RETARD DIFFICILE A EXPLIQUER AUX OPINIONS EUROPENNES

L'Union européenne est très en retard sur le Royaume-Uni et les Etats-unis dans la course à la vaccination de ses populations, et cette semaine, les responsables européens ont accueilli avec colère l'annonce par le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca d'un report de l'essentiel des livraisons de ses doses promises à l'UE d'ici mars à cause de problèmes de production en Belgique.

L'Europe doit expliquer à son opinion pourquoi ses pays membres ont vacciné bien moins de personnes que le Royaume-Uni, alors que celui-ci a quitté le marché unique quatre semaines plus tôt.

Elle doit aussi expliquer que si AstraZeneca produit également son vaccin en Grande-Bretagne, il exclut de rediriger une partie de sa production vers le continent tant que son contrat avec Londres n'est pas honoré.

Pendant ce temps, la Grande-Bretagne importe des doses du vaccin Pfizer-BioNTech fabriqué sur le sol européen.

En France, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Clément Beaune a déclaré vendredi n'avoir aucun regret sur la stratégie pan-européenne d'achat de vaccins. "L'idée que la France ou l'Allemagne puisse avoir le vaccin, mais pas leurs voisins, n'a aucun sens", a-t-il dit.

Les élus locaux s'en sont pris au gouvernement pour des retards dans le calendrier de vaccination faute d'un nombre de doses suffisant. Olivier Véran a répondu qu'il n'y avait pas eu d'annulations, mais qu'il regrettait que 50.000 rendez-vous aient du être reportés.

"Certes, il n'y a pas encore de vaccins pour tous, mais nous vaccinons à flux tendu, au rythme des livraisons. Et nous produisons partout où cela est possible", a déclaré le ministre de la Santé dans le Journal du dimanche.

(Elizabeth Piper, John Chalmers et Andrew MacAskill, Gilles Guillaume pour la version française)