Vaccins: le Japon redoute un retard des livraisons, l'UE critiquée

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À moins de six mois de l'ouverture prévue des Jeux olympiques de Tokyo, le gouvernement nippon a prolongé ce mardi l'état d'urgence lié au coronavirus à Tokyo et dans d'autres régions du Japon. Le pays n'a toujours pas annoncé le calendrier précis de sa campagne de vaccination, et aucun des vaccins disponibles en Europe n'a encore été approuvé. Un ministre japonais critique le contrôle des exportations par l'Union européenne.

Avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

Le contrôle des exportations par l’Union européenne empêche le Japon de finaliser son calendrier d’approvisionnement, a déclaré Taro Kono, le ministre chargé de la distribution des vaccins contre le Covid-19 au Japon. L’an dernier, les autorités nippones avaient conclu des accords avec les laboratoires pharmaceutiques AstraZeneka et Pfizer, entre autres, pour la livraison de suffisamment de vaccins pour ses 126 millions d’habitants. AstraZeneka et Pfizer disposent en Europe de centres de production importants.

À lui seul, AstraZeneka a promis de fournir 30 millions de doses au Japon d’ici la fin février. Mais la production de ces vaccins prend du retard, ce qui pousse l’Union européenne à adopter une mesure lui permettant, le cas échéant, de bloquer la livraison de vaccins au Japon. La campagne de vaccination dans l'archipel doit commencer à la fin février, et le ministre Taro Kono appelle à l’adoption de règles internationales pour éviter que « les pays ne tombent dans le nationalisme du vaccin ».

Les JO de Tokyo « quoi qu'il arrive »

L'enjeu est capital pour le Japon, qui refuse toujours un nouveau report dû au Covid-19 ou pire, une pure et simple annulation des Jeux olympiques de Tokyo prévus dans six mois. Ils auront lieu « quoi qu'il arrive », quelle que soit l'évolution de la pandémie, a garanti ce mardi Yoshiro Mori, président du Comité d'organisation japonais.

Les déclarations de Yoshiro Mori interviennent alors que le Premier ministre japonais Yoshihide Suga a annoncé ce mardi une prolongation d'un mois de l'état d'urgence face à la pandémie mis en place début janvier dans plusieurs départements du pays, dont Tokyo et sa grande banlieue, pour une durée initiale d'un mois.

En vigueur depuis début janvier, l'état d'urgence a contribué à réduire les infections. Mais il faut faire plus, a justifié le chef du gouvernement : « Le taux d'hospitalisation restera élevé pendant un certain temps encore, c'est pourquoi nous devons poursuivre ces mesures. Chacun d'entre nous doit changer sa façon d'agir si nous voulons contenir la propagation du virus. »

Le chef du gouvernement japonais a promis de lever « progressivement » l'état d'urgence dans les départements où la situation s'améliore, « sans attendre » le 7 mars. Il s'est félicité de « la baisse » du nombre de personnes atteintes du coronavirus au Japon grâce à « la réduction des heures d'ouverture des restaurants ».

Relais de la flamme

Un durcissement des conditions d'accès au Japon pour les non-résidents a déjà forcé le report de plusieurs événements sportifs. Parmi eux, une épreuve-test de natation synchronisée servant aussi de tournoi de qualification olympique, décalée à début mai alors qu'elle devait se tenir début mars.

Le relais de la flamme olympique à travers le Japon est lui maintenu et doit toujours débuter le 25 mars. Prochaine étape très attendue, mercredi, avec la présentation par les organisateurs des JO de Tokyo de nouveaux détails sur leurs mesures face au coronavirus. Des décisions difficiles sur le nombre de spectateurs, allant jusqu'à un possible huis clos, devraient être prises au printemps.

Il n'est donc pas impossible que pour la première fois dans l'histoire, les Jeux olympiques, du 23 juillet au 8 août, suivis des Jeux paralympiques, du 24 août au 5 septembre, se déroulent sans spectateurs, ou avec un nombre très réduit.

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