Vaccins contre le Covid-19: comment fonctionne la pharmacovigilance en France?

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Plus d'un an après le début de la pandémie de Covid-19, le rôle de la pharmacovigilance, c’est-à-dire la surveillance des médicaments et la prévention des risques d’effets indésirables, est devenu primordial. La pharmacovigilance consiste à identifier les irrégularités concernant des traitements médicaux ou des vaccins et de prendre, si besoin, des mesures de précaution, allant parfois même jusqu'au retrait des autorisations de leur mise sur le marché.

En France, le système de pharmacovigilance existe depuis 1984. Il est régi par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). L'instance centralise les informations recueillies par les 31 Centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV), « un à trois par région », explique la présidente du réseau, Annie-Pierre Jonville-Béra. « Nous sommes des vigies », estime la pharmacologue.

« Nous recueillons les irrégularités constatées surtout par les professionnels de santé. Des effets indésirables qu'ils rencontrent avec des médicaments. Nous les analysons ensuite et nous établissons une note, une évaluation pour déterminer la causalité entre la pathologie et le rôle du médicament, et nous transmettons ensuite à l'ANSM. »

Le réseau peut aussi être alerté par des patients qui constatent des effets secondaires après la prise d'un traitement ou d'un vaccin, mais aussi des entreprises qui produisent et commercialisent leurs médicaments. Elles ont par ailleurs l'obligation de mettre en place leur propre système de pharmacovigilance. En cette période de pandémie, l'ANSM a un rôle crucial, au vu de l'afflux de nouveaux traitements, mais surtout de vaccins sur le marché.

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Un système plus réactif

C'est ainsi que l'autorité de régulation du médicament multiplie les avis. Mardi, elle a mis en place une autorisation temporaire pour l'utilisation de bithérapies, des combinaisons de deux anticorps de synthèse pour soigner, dès l'apparition de symptômes, les adultes susceptibles de développer des formes graves du Covid-19.

Avant qu'Emmanuel Macron ne suspende la vaccination avec AstraZeneca par précaution, l'ANSM avait aussi formellement recommandé de continuer à utiliser le produit. Depuis le début de la pandémie, le système de pharmacovigilance est plus réactif concernant les vaccins.

D'après Annie-Pierre Jonville-Béra, « nos systèmes de transmission sont plus rapides. On trie les cas attendus et inattendus, ceux qui révèlent des effets indésirables nouveaux concernant les vaccins, qui ne sont pas encore listés. Ceux qu'on va regarder de très près pour déterminer si un lien existe entre la pathologie et le vaccin. En ce qui concerne AstraZeneca, on a relevé plus de 12 000 cas d'effets secondaires dans notre dernier rapport du 4 mars. »

Le vaccin AstraZeneca moins efficace contre le variant sud-africain ?

Le vaccin développé par l'université d'Oxford est au centre de toutes les attentions. Il est le sujet d'une étude publiée par la revue scientifique New England Journal of Medicine. Les auteurs livrent des conclusions contrastées concernant son efficacité face au variant sud-africain. Aucun des participants à l'essai n'a développé de formes graves.

En revanche, selon leurs conclusions, AstraZeneca n'a pas montré de protection suffisante face aux formes légères et modérées du Covid-19.

Les personnes guéries du Covid-19 fortement protégées

Une autre étude publiée dans le New England Journal of Medicine révèle que les personnes qui ont guéri du virus et qui ont reçu une dose de vaccin Pfizer ou Moderna sont fortement protégées.

Selon les travaux des scientifiques de l'Icahn School of Medicine de Mount Sinaï à New York, une dose suffirait à ces participants pour développer plus d'anticorps que les personnes qui n'ont jamais été infectées et qui ont reçu les deux injections. Un taux 10 à 45 fois supérieur. La seconde dose de vaccin n'aurait donc qu'un effet particulièrement limité sur eux.

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