Vaccins anti Covid-19 : un climat propice à la précipitation

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La part de ce qui est ignoré sur les vaccins proposés aujourd’hui est au moins aussi grande que la part connue à leur sujet. Plus que jamais la phrase attribuée à Napoléon : « Doucement messieurs, nous sommes pressés » devra guider nos décideurs.

Chaque jour davantage, la persistance du Sars-CoV-2 mine le moral des populations, détruit des millions d’emplois, paralyse l’économie mondiale, aggrave les statistiques de décès et encombre les hôpitaux de personnes contaminées aux dépens des malades porteurs de pathologies chroniques lourdes. Diffuser à grande échelle un traitement efficace qui puisse stopper cette pandémie est devenu urgent. Mais choisir la solution la plus adaptée à chaque individu doit rester prioritaire. A ce titre, l’arrivée plus tôt que prévu de divers vaccins suscite autant d’enthousiasme que d’inquiétudes. Jamais dans l’histoire l’élaboration de procédés vaccinaux n’a été aussi rapide ni proposée aussi vite à l’emploi : quelques semaines seulement, au lieu de plusieurs années (cinq au minimum) qui sont habituellement nécessaires pour avoir un recul suffisant, évaluer le rapport bénéfice-risque et pouvoir délivrer une autorisation de mise sur le marché (AMM) circonstanciée ! Or qu’observons-nous ?

En Chine, une immunisation de masse est en cours avec les vaccins à virus inactivés de Sinopharm et de Sinovac, dont aucun n’a été officiellement homologué. Plus d’un million de personnes les ont déjà reçus, sous couvert d’être participants à des phases 3 qui ne requièrent habituellement que quelques dizaines de milliers de sujets. Le Royaume-Uni a récemment permis l’emploi du vaccin de Pfizer-BioNTech sur son territoire sans que son Agence des médicaments, contrairement à ce que l’ensemble de la presse française a écrit, ait émis une AMM. Il ne s’agit en fait que d’une autorisation temporaire d’utilisation liée au contexte, et pour laquelle Pfizer est dégagé de toute responsabilité en cas d’effets secondaires graves. Près de 800 000 doses de ce(...)


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