La vaccination obligatoire comme en Autriche pourrait-elle convaincre les réfractaires?

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L'Autriche est le premier pays européen à rendre la vaccination obligatoire. Reste à savoir quel impact cela aura sur le nombre d'injections de doses. (Photo: Milan Markovic via Getty Images)
L'Autriche est le premier pays européen à rendre la vaccination obligatoire. Reste à savoir quel impact cela aura sur le nombre d'injections de doses. (Photo: Milan Markovic via Getty Images)

SCIENCE - Après le confinement des non-vaccinés, l’Autriche a fait le choix de reconfiner toute sa population pour faire face à une nouvelle vague incontrôlable de Covid-19. Plus nouveau, en tout cas inédit dans l’Union européenne, les Autrichiens auront l’obligation de se faire vacciner d’ici au 1er février.

“Augmenter durablement le taux de vaccination est le seul moyen de sortir de ce cercle vicieux”, a estimé le chancelier Alexander Schallenberg, jugeant qu’il s’agissait du “ticket de sortie” de la pandémie. Il faut dire que l’Autriche n’a que 68% de sa population vaccinée contre 76% en France. Mais l’obligation va-t-elle permettre d’augmenter les injections de vaccin?

Et pourquoi pas en France? Dans la dernière étude de Santé publique France sur l’adhésion des Français aux vaccins, il est précisé que 84% des personnes ne souhaitant pas se faire vacciner affirment qu’aucune raison ne les fera changer d’avis. Mais si la vaccination devenait obligatoire? En dehors des débats éthiques, la question de l’efficacité d’une obligation vaccinale est difficile à trancher. Plusieurs éléments, en France, peuvent cependant nous éclairer.

L’exemple des soignants et des autres vaccins

Depuis la mi-octobre, le personnel soignant doit être entièrement vacciné pour continuer à travailler. S’ils ne sont pas encore tous vaccinés, le fait est que les chiffres dans ce secteur sont au-dessus de la moyenne nationale.

Ainsi, en fonction des catégories professionnelles et des secteurs, entre 98% (les médecins) et 93% (masseurs et sages-femmes libéraux) des soignants sont vaccinés. “La couverture vaccinale des professionnels de santé est suffisante”, estimait en octobre le ministère de la Santé.

On sait également que la vaccination obligatoire fait grimper de quelques points la couverture vaccinale en général. Depuis 2018, des vaccins jusqu’alors recommandés pour les nourrissons sont devenus obligatoires. Dans un bilan publié en 2019, Santé publique France rapportait que “la couverture vaccinale a connu une nette amélioration”.

Le vaccin pour le méningocoque C est passé de 39,3% en 2018 à 75,7% en 2019. Le multivaccin protégeant notamment du tétanos, de la coqueluche et de la poliomyélite a atteint une couverture de 98,6%, contre 93,1% l’année précédente.

Indécis ou inaccessibles?

Mais il est en réalité impossible de calquer simplement ces chiffres sur l’ensemble de la population française. Les nourrissons comme les personnels soignants ont un accès évident au système de santé, et les informations sur les vaccins sont accessibles aux professionnels comme aux parents d’enfants en bas âge. Ce qui n’est pas spécialement le cas de tous les Français, notamment les plus à risque.

Ainsi, la couverture vaccinale en France des plus de 80 ans reste faible par rapport aux 50-79 ans, à 86,9%. C’est bien moins que dans d’autres pays comme l’Espagne ou le Québec, note auprès de l’AFP Olivier Guérin qui préside la Société française de gériatrie.

La raison? Difficile à dire, mais le fait est que plus de 5 millions de Français n’ont pas de médecin traitant. En Espagne à l’inverse, tous les individus sont rattachés à des centres de santé et ont tous été contactés par ces centres pour se faire vacciner.

Pas sûr que le caractère obligatoire de la vaccination suffise à atteindre ces personnes âgées encore non-vaccinées, pourtant les plus à risque face au Covid-19, et “objectif prioritaire” du ministère de la Santé, même si les actions précédentes ont eu un résultat mitigé.

À voir également sur Le HuffPost: 50 millions de vaccinés, la course de graphique qui montre la progression française

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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