Vaccination : l'histoire de la défiance des Français

En 2019, avant le Covid-19, une campagne de sensibilisation rappelait l'importance des vaccins ; une nécessité pour les pouvoirs publics, car dans l'opinion, de plus en plus de voix s'élèvent pour crier leur défiance face aux vaccins. Au pays de Pasteur, la pratique n'aurait plus la côte. Aujourd'hui, un Français sur deux refuserait le nouveau vaccin contre le coronavirus. Pasteur caricaturé Dès le XVIIIe siècle, le premier vaccin de l'histoire, celui contre la variole, est raillé et critiqué. Pour les détracteurs, le remède, pire que le mal, entraînerait la mort ou l'infirmité. Même s'il y a des accidents vaccinaux, la mortalité par variole est divisée par dix en peu de temps. Lorsque Pasteur lance son vaccin contre la rage, un siècle plus tard, il est caricaturé. Certains voient en Pasteur un homme d'affaires avide de fortune. Pour ses opposants, l'institut Pasteur est alors une usine à virus. Ces arguments sur le profit ou le remède contre-nature ont toujours cours aujourd'hui. Mais le vrai décrochage de la côte de confiance des Français se situe à la fin des années 1990, avec le vaccin contre l'hépatite B soupçonné de favoriser la sclérose en plaques. Lancé par Philippe Douste-Blazy, son successeur Bernard Kouchner suspend la campagne. "Ces deux ministres qui se succèdent, qui ont le même niveau d'autorité politique qui se contredisent, ça met la puce à l'oreille des citoyens qui se disent : si un ministre doute, pourquoi je ne douterais pas ?", explique Laurent-Henri Vignaud, historien.