Vaccination, foie gras... On vous prépare aux débats qui pourraient agiter votre repas de Noël

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Certaines discussions peuvent vite dégénérer lors du repas de Noël. - PIERRE-OSCAR BRUNET / BFMTV
Certaines discussions peuvent vite dégénérer lors du repas de Noël. - PIERRE-OSCAR BRUNET / BFMTV

Noël, le champagne, le foie gras, la volaille, la bûche... et les débats qui divisent la table. Partout en France, les réunions de famille sont parfois aussi l'occasion de quelques joutes autour des polémiques du moment, avec des arguments parfois aussi tranchants que le couteau à huître.

À quelques heures du réveillon, on vous met à jour sur les grandes questions à la une de l'actualité ces dernières semaines, sans prendre partie mais en vous donnant les clés pour comprendre les différents arguments souvent entendus sur le sujet. Histoire d'être prêt pour ces débats qui pourraient faire hausser le ton pendant vos agapes.

• Faut-il ou non vacciner les enfants?

La question agite en ce moment les discussions entre parents. Car face à l'arrivée du variant Omicron, le gouvernement a décidé d'accélérer sur la vaccination des enfants en l'ouvrant aux 5-11 ans - avec une dose adaptée. Et ce même si les plus jeunes font peu de forme sévères: il y a actuellement 141 enfants de moins de 10 ans hospitalisés, soit moins de 0,9% des patients Covid-19.

Cela n'empêche pas de nombreux spécialistes de saluer cette élargissement de la vaccination. "Évidemment, les enfants vont très peu à l'hôpital, encore moins décèdent, heureusement, mais la semaine dernière il y avait (...) une trentaine d'enfants en réanimation", remarquait ce lundi Daniel Floret, vice-président de la commission technique des vaccinations à la Haute autorité de santé sur BFMTV. Certains sont aussi diagnostiqués avec des formes de Covid long.

Hervé Haas, pédiatre infectiologue au centre hospitalier Princesse-Grace de Monaco, juge de son côté que les enfants "se protègent eux, mais aussi aident à protéger les autres". "Il s'agit (...) aussi de protéger les parents et les grands-parents", a ainsi défendu Olivier Véran sur France Inter samedi dernier. Et de protéger son éducation, "parce qu’un enfant qui n’est pas vacciné avec une vague d’Omicron aura beaucoup plus de mal à aller à l’école".

Ces arguments peinent pour l'instant à convaincre: 7 parents sur 10 sont opposés à la vaccination de leurs enfants selon un sondage Elabe pour BFMTV et L'Express.

"Déployer le vaccin chez les enfants uniquement parce que les politiciens (...) n’ont pas réussi à convaincre certains adultes de le faire serait un mauvais choix" avance Dominic Wilkinson, professeur d’éthique médicale à l’université d’Oxford, dans les colonnes du Monde.

Si vous êtes directement concerné et que vous doutez, Édouard Obadia, médecin réanimateur, estime que vous avez le temps de la réflexion avant de trancher. "Si vos enfants sont en parfaite santé, vivent dans un environnement où tout le monde est vacciné avec 3 doses et où les parents n'ont pas de comorbidités, effectivement, on peut différer cette vaccination", assure-t-il sur BFMTV. Et si des enfants sont à table, voici quelques clés pour aborder le sujet avec eux.

• Faut-il croire aux sondages?

À 4 mois de la présidentielle, les sondages se succèdent avec deux constantes: ils donnent tous, pour l'heure, Emmanuel Macron largement en tête au premier tour, et ils sont tous aussi critiqués. Ils seraient d'abord jugés peu fiables. Jean-Luc Mélenchon a par exemple remis en cause la forte poussée sondagière de Valérie Pécresse après sa victoire au congrès LR (+11 points d'après le sondage Elabe pour BFMTV et L'Express). "Quel mépris grossier de notre intelligence", s'est insurgé le candidat de la France insoumise sur Twitter.

"On fait face à une énorme volatilité des intentions de vote", répond le sondeur Jérôme Sainte-Marie, auprès de BFMTV.com, d'autant que la plupart des Français ne sont pas encore mobilisés autour de l'élection. Le même sondage Elabe précise par ailleurs que seules 57% des personnes interrogées inscrites sur les listes électorales se déclarent tout à fait certaines d'aller voter en avril 2022.

Les défenseurs des sondages expliquent qu'ils montrent surtout les dynamiques à un instant T: dans le cas de Valérie Pécresse, les processus de désignation comme les primaires sont connus pour donner un coup d'accélérateur aux candidats désignés, comme pour François Fillon et Benoît Hamon lors de la précédente présidentielle.

Autre critique récurrente: les sondages influenceraient les électeurs - il est d'ailleurs interdit d'en publier la veille et le jour du scrutin.

"Il est évident que la publication d'enquêtes sur un certain nombre de sujets modifie, crée, accentue, souligne un rapport de force politique", estime d'ailleurs Julien Vaulpré, expert des questions d'opinion et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy sur France culture.

"Cette croyance, car il s’agit bien d’une croyance, révèle une conception de l’électeur : un être facilement influençable, passif et moutonnier, incapable d’autonomie et de discernement et se ralliant à l’avis du plus grand nombre", se défend Ipsos sur son site. "Si nous faisions vraiment l'élection, jamais Jean-Marie Le Pen n'aurait été au second tour", lâche également un sondeur. Le candidat du Front national était en effet mesuré une semaine avant le premier tour entre 13 et 14% tandis que Lionel Jospin se situait à 18%, comme le rappelle Europe 1. Le premier a finalement récolté 16,86% contre 16,18% pour le second.

• Doit-on bannir le foie gras de nos tables?

Il y en aura certainement sur votre table: 90% des Français mangent du foie gras pendant les fêtes. Mais les maires écologistes de Strasbourg, Lyon et Grenoble ont décidé de bannir ce mets des réceptions officielles - au nom du bien-être animal. Pour l'édile lyonnais Grégory Doucet, ce n'est pas un "boycott" mais une volonté de "voir émerger d'autres modèles que celui de l'agriculture industrielle et de l'élevage intensif, la banalisation ou l'intensification du gavage des oies à la chaîne".

"Du point de vue européen, les gens regardent la France sur la question du foie gras avec une grande interrogation sinon le constat que, décidemment, ces Français peuvent maltraiter les animaux", a défendu le candidat EELV Yannick Jadot lors de son meeting à Laon mi-décembre. 876450610001_6285760510001

Du côté des restaurateurs et des éleveurs, le son de cloche est tout autre. "Les élevages de foie gras en France ont beaucoup évolué ces dernières années. On est conscient du bien-être animal", estime Yann Lalle, chef et propriétaire d'un bouchon lyonnais sur BFMTV. 125 parlementaires de tous bords politiques ont également accusé les édiles écologistes de "porter atteinte à notre culture, notre patrimoine, notre identité", dans une tribune au Journal du dimanche.

Pour mettre les pro et les anti-foie gras d'accord, vous pouvez éventuellement tenter une expérience, en testant le faux gras, cette alternative vegan souvente faite à base de noix de cajou et d'huile de coco. Sandrine Rousseau, la présidence du conseil politique de Yannick Jadot, en a récemment fait la promotion, sur Twitter et sur RMC.

• Faut-il arrêter avec le concours Miss France?

Certains des convives auront sans doute regardé Miss France: ils étaient plus de 7 millions de téléspectateurs à suivre cette année le concours, vieux d'un siècle et basé principalement sur des critères physiques. "Glamour" pour certains ou "sexiste" pour les autres, cet événement télévisé fait l'objet depuis plusieurs années de critiques - il est désormais poursuivi par Osez le féminisme aux prud'hommes - et divise au sein même du gouvernement.

D'un côté, Elisabeth Moreno. La ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes a jugé "complètement has been" les règles du concours - qui imposent notamment de faire 1,70 mètres minimum et d'être célibataire.

"Pourquoi une Miss France ne pourrait pas faire d'ironie, ne pourrait pas être maman ou poser seins nus pour lutter contre le cancer?", s'est-elle interrogée auprès de l'AFP.

En Allemagne par exemple, la limite d'âge pour participer au concours est de 39 ans, soit près de 15 ans de plus que la plupart des équivalents internationaux et les mères de famille y sont les bienvenues, de même que les femmes transgenres ou en surpoids.

De l'autre côté, Marlène Schiappa. Pour l'ancienne secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes, devenue depuis ministre déléguée à l'Intérieur, ce concours "porte beaucoup de très belles valeurs et de belles causes", a estimé de son côté la ministre déléguée à l'Intérieur sur BFMTV.

"Il faut accepter la légèreté et le divertissement, surtout s'il permet de faire passer des messages essentiels", a t-elle encore avancé dans Madame Le Figaro en faisant référence à l'édition 2018 qui avait promeut la lutte contre les violences conjugales.

Mais Diane Leyre, Miss France 2022, va peut-être réconcilier tout le monde. "Quand on a entre 18 et 24 ans, qu'on prend le micro, qu'on décide de défiler en maillot de bain, qu'on décide de prendre le pouvoir sur notre vie, c'est ça être féministe. Je me suis sentie plus féministe que jamais", a jugé la gagnante au lendemain de son couronnement sur BFMTV. Elisabeth Moreno lui a même remis la médaille de l’Égalité, une décoration honorifique.

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• Est-ce que tout augmente, sauf notre pouvoir d'achat?

Le pouvoir d'achat arrive en tête des préoccupations des Français d'après un sondage Elabe pour BFMTV, la hausse des prix de l'énergie ont concentré toutes les inquiétudes ces derniers mois: +90% en un an pour le gaz, 20% pour l'électricité. La hausse des denrées alimentaires pèse aussi lourd dans la balance. "Les prix vont augmenter en 2022", a d'ailleurs assuré sur BFMTV Michel-Edouard Leclerc, le PDG du groupe éponyme.

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Au gouvernement, on met le paquet pour rassurer les Français sur ce sujet inflammable alors que le spectre du retour des "Gilets jaunes" est dans toutes les têtes. Dans son "bingo de Noël", la République en marche met en avant les mesures du gouvernement, avançant que le pouvoir d'achat a augmenté de 8% en 5 ans. L'indemnité inflation, de 100 euros à destination de toutes les personnes touchant moins de 2000 euros par mois, a d'ailleurs commencé à être versée le 13 décembre.

En pleine campagne présidentielle, les oppositions se sont saisies d'un autre chiffre: celui de l'Insee annonçant une baisse du pouvoir d'achat au premier trimestre 2022. Tous les candidats mettent en avant leurs propositions pour redonner des couleurs aux comptes en banques des Français. Valérie Pécresse propose ainsi d'augmenter le salaire net de 10% pour les Français gagnant moins de 3000 euros par mois. Marine Le Pen, de son côté, assure vouloir "rendre 200 euros par mois de pouvoir d'achat aux Français" en abaissant la TVA sur l'énergie ou en rétablissant la demi-part fiscale pour les veufs et les veuves.

• Faut-il généraliser le 30 km/h en ville?

Centres-villes entièrement piétonnisés, raréfaction des places de parking, multiplication des pistes cyclables depuis l'arrivée du Covid... Depuis plusieurs années, les polémiques autour de la place des véhicules motorisés se multiplient. Dernier épisode en date: le passage à 30km/h en lieu et place de 50km/h dans de nombreuses artères de grandes villes - Paris, Lyon, Grenoble, Lille, Clermont-Ferrand ou encore Bordeaux.

"Cette mesure ne sert à rien", estime pourtant Pierre Chasseray, le délégué général de 40 millions d'automobilistes sur BFMTV, jugeant peu probable que les conducteurs respectent cette nouvelle réglementation. "Ce n'est pas une voiture qui roule à 50km/h qui représente un danger, ce sont les dépassements non autorisés ou le mauvais respect des priorités", analyse de son côté François Vallin, le président de "Rouler Libre" auprès de RTL.

Vous en avez peut-être entendu parler: de nombreux adversaires de la mesure ont mis en avant son impact - supposé négatif - sur la pollution, en s'appuyant sur une étude. Les travaux en question, ceux du Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement) indiquent bien qu'un moteur thermique, optimisé pour rouler entre 50 et 70 km/h, pollue davantage à 30 km/h. Mais si cette conclusion vaut pour un trajet à vitesse constante, elle ne s'applique pas en ville, où la circulation impose des à-coups et des accélérations répétées, rappelle France info.

Au rang des arguments pour défendre l'abaissement de la vitesse en agglomération, il y a aussi et surtout les chiffres de la mortalité. Un piéton a 95 % de chance de survie lors d’un choc à 30 km/h, contre 53% à 50 km/h, avance la Prévention routière. La limitation à 30 km/h permettrait aussi de mettre de développer les mobilités douces comme le vélo et les transports en commun d'après une autre étude du Cerema. Quoi qu'il arrive, si le débat s'envenime sur le sujet, n'hésitez pas à appuyer sur le frein.

Article original publié sur BFMTV.com

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