Vaccination anti-Covid-19: comment la HAS envisage la campagne

Lucie Oriol
·Journaliste au HuffPost
·4 min de lecture
Close up of a young woman getting vaccinated (Photo: Marko Geber via Getty Images)
Close up of a young woman getting vaccinated (Photo: Marko Geber via Getty Images)

CORONAVIRUS - Hasard du calendrier? Alors que les laboratoires Pfizer ont annoncé que leur vaccin contre le covid-19 était efficace à 90%, la Haute Autorité de Santé (HAS) a dévoilé les premières pistes de la campagne de vaccination qui pourrait être menée en France.

Dans un communiqué publié sur son site ce lundi 9 novembre, la HAS invite associations d’usagers, conseils de l’ordre, syndicats de professionnels ainsi que les établissements et entreprises de santé a répondre à une grande consultation jusqu’au 30 novembre. Tous sont conviés à consulter un document provisoire d’une douzaine de pages présentant des “recommandations intermédiaires” sur la mise en place d’une large vaccination de la population.

En préambule, la HAS explique vouloir éviter les erreurs de 2009 lorsqu’une grande campagne de vaccination a été lancée pour faire face au H1N1. ”La stratégie globale était de vacciner rapidement 75% de la population, en ciblant en priorité dans les premières semaines, les populations à risque”, or “ces
objectifs n’ont pas été atteints puisque la couverture vaccinale de la population est restée inférieure à 10%”. Dans ce contexte, explique la HAS, il est primordial d’avoir la confiance de la population et celle-ci “ne peut se fonder que sur la transparence des données scientifiques, des choix de santé publique et des principes éthiques qui ont fondé les recommandations vaccinales et leur évolution”. “Il sera également crucial que le public ait la certitude que l’allocation des vaccins se fasse de manière équitable entre les citoyens en fonction de la menace que représente la Covid-19″, note par ailleurs la Haute Autorité de Santé.

Organisation et personnes prioritaires

En matière de vaccination, la HAS estime qu’il faudra absolument mobiliser la médecine de ville, contrairement à 2009 où les vaccins étaient réalisés dans des centres dédiés. La mobilisation forte des professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmiers, sages-femmes), “en qui les usagers ont confiance, et qui jouent un rôle décisif”, est une condition indispensable au succès de cette vaccination, rappelle ainsi la HAS.

Il n’est pas question en revanche de rendre obligatoire la vaccination, l’autorité souhaite à cet égard que les communications autour de la campagne ne soient pas “anxiogènes et/ou stigmatisantes”.

Dans sa consultation publique, la HAS évoque également les personnes qui pourraient être prioritaires pour se faire vacciner et cite en premier lieu “les professionnels de santé et du médical avant d’ajouter: “Par ailleurs, les personnes à risque de formes graves, du fait de leur âge et/ou de la
présence d’une ou plusieurs comorbidités pourraient également être ciblées par les recommandations. Enfin, les professionnels assurant le maintien d’activités essentielles au fonctionnement du pays, dont la détermination ne relève pas de la compétence de la HAS, pourraient également relever des recommandations”.

Tout cela dépendra évidemment de la façon dont seront réparties les doses de vaccin, mais l’autorité alerte déjà: pour éviter les soupçons et la méfiance “il sera essentiel de veiller à ce que ces principes de priorisation soient appliqués dans les faits, même si cela implique une démarche pro-active pour toucher
les publics difficiles d’accès”. Elle estime ainsi qu’il sera nécessaire de déployer des efforts également pour faciliter l’accès à la vaccination aux “publics les plus éloignés du système de santé et en situation de précarité économique et sociale”.

Où et comment?

Pour que la campagne se déploie le plus efficacement et en toute transparence la HAS préconise d’impliquer la population dans les organes de décision, notamment au niveau local, d’autant qu’il faudra également adapter l’organisation de la campagne de vaccination au fur et à mesure.

La question du stockage des vaccins va également rapidement se poser, car si le conditionnement multidose permet de réduire les délais d’approvisionnement, il constitue en revanche “un frein potentiel à la réalisation de la vaccination au cabinet du médecin traitant”. “En cas de très forte demande, il pourrait également être nécessaire de sécuriser les lieux de vaccination et les vaccinateurs et d’adapter les capacités de vaccination pour éviter les longues files d’attente”, estime la HAS.

Pour éviter cela, il faudra ainsi “multiplier les profils des vaccinateurs”. Ainsi, outre la médecine de ville, l’autorité n’exclut pas qu’il faille lancer des équipes mobiles dédiées et des centres de vaccination. Pharmaciens et infirmiers libéraux pourraient également être sollicités mais cela nécessiterait des élargissements règlementaires. Autant de points sur lesquels les professionnels du secteur sont donc amenés à se prononcer afin que la campagne puisse être lancée sitôt le vaccin approuvé.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.