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Vaccin contre le Papillomavirus : comment la campagne au collège va se dérouler

SANTÉ - Il veut aller « un cran plus loin en matière de prévention ». Ce mardi 28 février, à l’occasion d’un déplacement dans un collège de Jarnac, en Charente, le chef de l’État Emmanuel Macron a annoncé une campagne généralisée de vaccination contre les papillomavirus. Un virus dont il existe plus de 200 types et sexuellement transmissibles, et qui peut autant se manifester par des formes relativement bénignes que donner naissance à des cancers.

Une annonce qui intervient à quatre jours de la Journée mondiale de sensibilisation autour des maladies induites par le papillomavirus humain. Car si l’Organisation mondiale de la Santé assure que les cancers qu’ils provoquent pourraient être totalement éradiqués grâce au dépistage et à la vaccination, les HPV (le sigle anglais pour Human papillomavirus) sont encore responsables en France de 2 900 cancers du col de l’utérus provoquant plus de 1 000 décès par an, 1 500 cancers de la sphère ORL, 1 500 cancers de l’anus, 200 cancers de la vulve ou du vagin et une centaine de cancers du pénis.

D’où les annonces d’Emmanuel Macron ce mardi, qui visent notamment à réduire l’inégalité de vaccination chez les petits Français. Fin 2021, 45,8 % des jeunes filles de 15 ans avaient reçu une dose de vaccin contre seulement 6 % des garçons du même âge. Et ce alors que la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 vise un objectif de 80 % d’ici sept ans.

Pas obligation, mais…

Résultat : comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, Emmanuel Macron a présenté aux élèves de troisième sa stratégie pour « déployer les vaccins à (leurs) âges », afin de lutter contre « des cancers, qui touchent à l’âge adulte, aussi bien les femmes que les hommes ».

Une campagne qui débutera dès « la rentrée de septembre 2023, pour tous les élèves de cinquième, partout en France ». En effet, alors que les spécialistes conseillent de vacciner entre 11 et 14 ans pour des résultats optimaux, le président de la République a expliqué à ses jeunes interlocuteurs qu’il fallait choisir une génération pour commencer à mettre en branle la stratégie de vaccination. Les élèves en classe de cinquième à la prochaine rentrée donc.

« La vaccination ne va pas être obligatoire », a par ailleurs rassuré d’emblée Emmanuel Macron. « On va proposer la possibilité à vos parents que vous soyez vaccinés contre le papillomavirus, et ensuite d’avoir le rappel neuf mois plus tard. » Car s’il a assuré préférer « un travail de conviction », il a tout de même gardé ouverte la possibilité d’une vaccination obligatoire dans le futur : « la question se posera pour savoir si à un moment donné on la rendra obligatoire. »

Des exceptions possibles jusqu’à 19, voire 26 ans

Mais comme l’a encore détaillé le chef de l’État, pas question pour autant de délaisser les classes d’âge supérieures. « La deuxième chose à partir de septembre prochain, c’est que l’on va aussi proposer que les médecins, les infirmiers, les pharmaciens, les sages-femmes, puissent vacciner en ville, hors de l’école, contre le papillomavirus », a-t-il poursuivi à ce propos.

En effet, au-delà des élèves de cinquième, et même si la tranche d’âge 11-14 ans est donc privilégiée, l’idée est que la vaccination soit toujours accessible jusqu’à 19 ans et même qu’elle reste possible jusqu’à 26 ans pour les hommes qui ont des relations sexuelles avec les hommes. Emmanuel Macron s’est d’ailleurs adressé directement aux élèves de troisième qui lui faisaient face, leur expliquant qu’il souhaitait qu’eux aussi « puissent aller soit chez le médecin, soit à la pharmacie, soit ailleurs pour se faire vacciner contre le HPV ».

Le président de la République en a d’ailleurs profité pour assurer qu’avec cette stratégie, qui trouve ses sources dans « ce que l’on a appris pendant le Covid », les Français trouveront de nombreux avantages. Et de citer notamment le fait que « ça ne coûte pas d’argent » aux bénéficiaires de la vaccination puisque le gouvernement compte « travailler avec les mutuelles » en vue d’une prise en charge efficace en plus de « supprimer les consultations » qui sont désormais « inutiles » pour obtenir le vaccin.

Une manière de procéder qui a semble-t-il convaincu les spécialistes. « Le fait que ce vaccin soit soutenu politiquement est une très bonne nouvelle », a par exemple commenté à l’AFP Jean-Luc Prétet, directeur du centre national de référence sur les papillomavirus. Avec toutefois une petite réserve : « Il n’y a pas d’obligation, ce qui pourrait diminuer un peu l’impact de ces annonces. »

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