Vaccin contre le Covid-19 : la troisième dose de Pfizer, véritable protection ou opportunité commerciale ?

Faudra-t-il une troisième dose de vaccin pour se protéger du Covid-19 ? Le patron de Pfizer a émis l'hypothèse, dans la journée du jeudi 15 avril. "Le scénario vraisemblable est qu'une troisième dose sera probablement nécessaire, entre six et douze mois après, a déclaré Albert Bourla. Et à partir de là, il y aura une vaccination à nouveau chaque année." Selon plusieurs scientifiques, l'arrivée des variants a certainement rabattu les cartes. Selon les dernières études, la vaccin Pfizer serait assez performant contre les mutations anglaise et sud-africaine, mais moins contre le variant brésilien. "Contre les variants, il faut peut-être plus d'anticorps, au cours du temps ces anticorps vont baisser, d'où toutes ces discussions autour d'une troisième injection pour maintenir de manière élevée ce taux d'anticorps" explique le Pr. Jean-Daniel Lelièvre, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne). Une opportunité commerciale ? À terme, il pourrait être nécessaire de se faire vacciner tous les ans. Dans un centre de vaccination de la région parisienne, certains sont surpris, tandis que d'autres se préparent déjà. "La grippe on le fait tous les ans, donc pourquoi pas celui-là aussi tous les ans ?", concède une femme. Aucune étude ne confirme pour le moment le rappel annuel. Les déclarations de Pfizer peuvent-elles être perçues comme une opération commerciale ? Depuis des mois, les pays du monde entier s'arrachent à coups de millions les livraisons du vaccin. Une troisième dose pourrait être une source de revenus complémentaire pour l'entreprise américaine. "Ils ont plutôt intérêt à ce que tout le monde utilise le plus de doses possible, estime le Pr. Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l'Institut de santé globale de Genève (Suisse). Il faut qu'il n'y ait aucune suspicion que ça puisse être une opportunité commerciale, donc le mieux c'est que des experts indépendants de l'industrie (…) puissent se réunir et puissent décider."