"Vaccin contre le Covid-19 : l'intendance ne suivra pas", la chronique de Teresa Cremisi

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Il y a comme cela des expressions françaises à jamais scellées dans nos mémoires. Attribuées à nos grands hommes, souvent à leur corps défendant, elles ont contribué à figer l'image-cliché du Français peu sensible aux contraintes du réel, arrogant et fanfaron, tel qu'il est caricaturé par les étrangers. Citons-en deux parmi les plus célèbres : "impossible n'est pas français", que Napoléon aurait assenée à ses hommes épuisés, et "l'intendance suivra", que le général de Gaulle a toujours nié avoir prononcée. Qu'importe après tout l'authenticité, elles font partie désormais de l'identité française et accompagnent l'image du Gaulois intrépide qui va de l'avant en ne suivant que l'inspiration du moment.

Cela fait dix jours que des éditoriaux s'appliquent à commenter l'agacement évident du professeur Alain Fischer, coordinateur en chef de la stratégie vaccinale, quand on l'interroge sur la lenteur des opérations. Ses interventions publiques, étrangement douces et déprimantes, ont été interprétées comme des versions maladroites de "l'intendance suivra". Une désinvolture de grand savant par rapport à la logistique, traitée comme un problème annexe, que quelqu'un devra tôt ou tard régler, sans toutefois déranger le chef.

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Quelqu'un pourrait-il rappeler à nos responsables de coordinations diverses que sans elle aucune idée ne peut se transformer en action?

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Cela fait dix jours aussi que l'on essaie d'interpréter la colère du Président constatant les "lenteurs injustifiées" et les cafo...


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