Vaccin contre le coronavirus : "On avance prudemment, mais il n’y a pas de raisons d’attendre", estime Brigitte Autran

Partout en Europe, les chefs d’État et de gouvernement accélèrent leurs campagnes de vaccination contre le coronavirus. C'est le cas notamment en France où, mercredi 16 décembre, face aux députés, Jean Castex a annoncé que les premières vaccinations pourraient avoir lieu fin décembre, "avant de monter en puissance en janvier". "On avance prudemment, mais vite parce qu’on a de plus en plus d’informations rassurantes, et parce qu’il n’y a pas de raison d’attendre, l’épidémie est là", souligne Brigitte Autran, membre du comité scientifique sur les vaccins Covid-19 et professeure émérite d’immunologie à la Sorbonne Université, invitée des "4 Vérités" de France, mercredi matin. Pour autant, certains scientifiques et médecins ont estimé la semaine précédente qu’il fallait rester vigilants sur le sujet, à l’image du professeur Éric Caumes qui a estimé qu'il n'y avait pas assez de données précises sur les vaccins contre le coronavirus. "Les articles existent, il y en avait déjà en septembre, qui annonçaient déjà des résultats préliminaires tout à fait sérieux et rassurants. Il est vrai que c’est la première fois qu’il y a cette génération nouvelle de vaccins qui apparaît, mais pour l’instant tous les signaux sont au vert", affirme de son côté Brigitte Autran. Un Français sur deux sceptique sur la vaccination Avant de lancer la première campagne de vaccination, la France doit toutefois attendre l’autorisation de l’Agence européenne du médicament (EMA). Les autorités sanitaires françaises devront ensuite donner leur aval, puis des recommandations vaccinales définitives devront être mises en place pour pouvoir lancer les vaccinations. Un processus qui ne rassure pas forcément la population, puisqu’un Français sur deux hésiterait à se faire vacciner selon de récents sondages. "S’ils n’ont pas de facteurs de risque et s’ils ne travaillent pas dans un milieu médical, ils ont le temps de réfléchir, puisque pour l’instant, le vaccin est destiné essentiellement à prévenir la maladie grave, ce sont donc les personnes à risque que nous souhaitons vacciner", souligne Brigitte Autran.