Vaccin anti-Covid : l'hôpital américain de Neuilly accusé d'octroyer des "passe-droits"

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L'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, sous le feu des critiques pour avoir vacciné contre le Covid-19 des membres de son conseil d'administration non prioritaires, s'est défendu mardi en disant avoir proposé la vaccination à "l'ensemble" des intervenants dans l'établissement.

C'est un établissement très prisé des célébrités. Des VIP comme on dit. L'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, situé dans les Hauts-de-Seine, a vacciné contre le Covid-19 une vingtaine de membres de son conseil d'administration et de riches donateurs, bien avant son personnel médical mais surtout avant même le lancement officiel de la campagne vaccinale en France, selon les informations révélées par Franceinfo mardi 9 février.

"J’ai été appelé pour me faire vacciner à la médecine du travail de l’hôpital américain le 14 janvier dernier. Je viens de recevoir ma seconde dose début février, a confirmé à Franceinfo Bruno Durieux, 76 ans, membre du 'Board of Governors' (conseil d'administration, NDLR). Tous les gouverneurs étaient invités à le faire."

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"La plupart de ces 'gouverneurs' sont âgés mais ce n'est pas le cas de tous, comme le millionnaire Arnaud Lagardère (59 ans) ou la femme de Bruno Bouygues, Helen Lee Bouygues (45 ans). Une majorité n’exerce aucune fonction dans le domaine de la santé. Ils ne se rendent que très occasionnellement à l’Hôpital américain, lors des réunions du Board principalement", peut-on lire dans l'article de Franceinfo.

Il s'agit donc de "passe-droits" ou d'un "coupe-file" puisque depuis le 18 janvier, seules les personnes âgées de plus de 75 ans, les personnes à pathologies à hauts risques et les personnels de santé peuvent bénéficier de la première injection.

Des doses redistribuées suite à "des désistements"

Interrogé, l'établissement n'a pas nié les faits. "En conformité avec les directives de l'ARS (Agence régionale de santé), la vaccination a été proposée à partir du 4 janvier 2021 à l'ensemble des personnes intervenant dans l'hôpital : médecins, soignants, administratifs, gouverneurs, prestataires de ménage, de sécurité et de restauration, volontaires bénévoles", s'est défendu l'établissement mardi 9 février.

L'établissement a assuré que des doses de vaccin qui n'avaient pas servi - en raison de désistements ou de contre-indications médicales - avaient été redistribuées auprès "du personnel volontaire et disponible" afin d'"éviter toute perte du vaccin, en raison de son caractère périssable".

L'hôpital américain a refusé de préciser les identités et les âges des "gouverneurs" vaccinés, au nom du secret médical.

Olivier Véran, ministre de la Santé et neurologue, qui a reçu le vaccin AstraZeneca devant les caméras le 8 février, a déploré ces faits qu'il souhaitait vérifier.

"Nous protégeons les plus fragiles par ordre de priorité quel que soit l'endroit où l'on se trouve sur le territoire national et quelle que soit sa condition sociale, poursuit le ministre. Je n'accepterais pas qu'il y ait des passe-droits et s'il y en avait ce serait regrettable. Et je le dirais aux intéressés", a-t-il réagi sur l'antenne de la radio.

Avec AFP