Vacances : comment éviter les arnaques aux faux produits du terroir ?

Les savons de Marseille font souvent l'objet de contrefaçon, à base de graisse animale, ce qui est interdit par la recette traditionnelle (Crédits : Getty Images/iStockphoto). (Getty Images/iStockphoto)

Fromages fermiers, saucissons locaux, savons "de Marseille" ou même couteaux "Laguiole" font souvent l'objet de contrefaçons.

Ah, elle a l’air savoureuse cette huile d’olive provençale qui vous fait de l’œil sur ce petit marché du village où vous passez vos vacances… Et elle vaut sûrement son prix, un peu salé certes, mais un produit authentique et artisanal, ça se paie, pensez-vous. En êtes-vous bien sûr ? Chaque année, des arnaques aux produits dits "de nos terroirs" sont épinglées par les autorités et les associations de défense des consommateurs. Voici quelques repères pour éviter les mauvaises surprises.

Regardez l’étiquette plutôt que l’emballage ou le stand

Les commerçants sortent parfois le grand jeu pour vous persuader que leurs produits sont bien locaux : nappe à carreaux, produits disposés sur de la paille, drapeau français ou blason régional, mentions "naturel"... Or tous ces signes extérieurs ne vous garantissent pas la qualité ni l’authenticité du produit. Mieux vaut vous fier à l’étiquette, sur laquelle tout mensonge peut être puni par la loi.

Attention au miel, qui fait l’objet de nombreuses contrefaçons, et provient très souvent de l’étranger avec au passage des ajouts d’arômes ou de glucose. Sur l'étiquette, l’adresse de l’apiculteur et la mention "origine France", ou un label rouge, AOP ou IGP, sont de bons gages.

Sachez qu’il existe de nombreuses AOP et AOC pour les huiles d'olives françaises, répertoriées sur ce site. En outre, si la mention "Union européenne" ou "hors UE" est inscrite, il ne s’agit pas d’olives françaises.

Observez les vendeurs

Certains commerçants se présentent comme des producteurs pour vendre du fromage dit "fermier" ou du saucisson "maison" sur les marchés. Mais l’association 60 millions de consommateurs épingle ces "revendeurs déguisés", qui vont vendre pendant trois mois du nougat, puis de la charcuterie, prétendant à chaque fois qu’il s’agit de leur propre production, ce qui présente un gage d’authenticité et de terroir pour l’acheteur. En réalité, ils écoulent des produits industriels.

Achetez directement aux producteurs

Pour être certain de vous procurer de vrais produits du terroir, rien de tel que de vous rendre à la source : à la ferme, chez l’apiculteur, ou dans une coopérative laitière. La plupart des offices de tourisme peuvent vous renseigner et vous fournir les adresses d’artisans ou de leurs points de vente.

Vous pouvez aussi vous rendre sur l’un des nombreux "marchés des producteurs de pays" organisés tout au long de l’année aux quatre coins du pays. Ils sont règlementés par une charte, et vous n’y trouverez que des producteurs utilisant de la matière première locale.

Consultez les sites officiels

Vous pouvez vous renseigner en amont pour repérer les arnaques. Par exemple, le ministère de l'Agriculture a établi la liste des 46 fromages AOP de France. Avant d’aller faire vos courses, n’hésitez pas à vous renseigner sur les fromage présents dans la région que vous visitez, leur saisonnalité et les tarifs pratiqués.

Méfiez-vous des prix trop alléchants

Un saucisson bradé doit vous mettre la puce à l’oreille, selon 60 millions de consommateurs. En-dessous de 30 euros le kilo, les experts interrogés par l’association préconisent de se méfier, car il ne s’agira pas forcément d’un produit artisanal fabriqué à partir de viande locale. En effet, les procédés de fabrication, d’élevage ou de récolte traditionnels ont un coût. L’association a recensé de nombreux conseils pour identifier un saucisson de terroir et de qualité.

Voici d’autres fourchettes de prix, données à titre indicatifs : les huiles d’olive françaises sont rarement vendues à moins de 25 euros le litre, quand un miel français est commercialisé entre 10 et 30 euros le kilo.

Attention aux contrefaçons

Plusieurs produits manufacturés ne sont pas protégés par des appellations, comme l'indication géographique protégée (IGP). Il devient alors plus difficile de s'y retrouver en tant que consommateur.

Le savon de Marseille n'en est pas toujours, et il est souvent importé d’Asie. Ce savon de la cité phocéenne correspond à une recette précise, mais pas à une zone géographique. Il faut donc regarder la liste des ingrédients : un vrai savon de Marseille ne contient ni colorant, ni conservateur, et il doit être composé à 72% d’huile végétale. Si vous lisez "tallowate de sodium" ou "lardate de sodium" sur l’étiquette, sachez qu’il s’agit de graisse de bœuf ou de porc, et donc d’une copie du traditionnel savon.

Les couteaux Laguiole ne sont eux non plus pas encore protégés par une IGP. Il faut les observer attentivement pour distinguer les vrais des faux. Le prix de vente reste un bon indicateur : à 10 euros l’unité, ce sont probablement des copies fabriquées en Asie.

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