"Tout va très bien, monsieur le Président", la chronique d'Anne Roumanoff

À la manière de "Tout va très bien, madame la marquise"
- Allô, allô Édouard, en 2020, quelles nouvelles?
- Tout va très bien, monsieur le Président.
Seulement il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien,
Un incident, une bêtise :
Une grève des transports qui dure depuis trente-neuf jours
Et qui a déjà coûté plus de 2 milliards d'euros ;
Des Parisiens épuisés à force de marcher,
Des banlieusards dans le RER compressés,
Des automobilistes sur les nerfs, des trottinettes accidentées ;
Des restaurateurs déprimés,
Des dépôts de carburant bloqués,
Des commerces obligés de tout solder pour déstocker,
Des théâtres et des hôtels en train de se vider,
Des touristes étrangers qui hésitent à nous visiter,
Tout un pan de l'économie sinistré.
Sans compter que ça n'a pas l'air de s'arranger,
La réforme, contre elle, fait l'unanimité :
Les danseuses de l'Opéra révoltées,
Des enseignants très très inquiets,
Le personnel soignant insatisfait,
Des avocats déterminés à ne pas céder,
Des manifestants plus déterminés que jamais,
Des débordements difficiles à juguler,
Des forces de l'ordre épuisées,
L'opinion impatiente qui voudrait qu'on trouve une solution,
Les syndicats qui refusent la plupart de nos propositions.
Mais à part ça, monsieur le Président,
En 2020 tout va très bien, tout va très bien.

 

"

Dois-je renoncer à réformer au risque de me décrédibiliser? Rejeter les torts sur Édouard Philippe et le faire démissionner?

"

Comme une tragédie macronienne
Ô rage! Ô déses...


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