"Qui va nous soigner ? On n'a personne" : à Abidjan, la lutte contre le sida et la tuberculose suspendue aux fonds internationaux

Solenne Le Hen

Il faut d'abord descendre un sentier à l'abri des regards, près de maisons à l'abandon. Un sentier bordé de gros lézards qui débouche sur un mur, gardé par quatre hommes. Ils vous autorisent à passer, à travers un trou creusé dans le mur. Nous voici au "fumoir", à Abidjan (Côte d'Ivoire). C'est un campement à l'abri des regards jonché de détritus et entouré de bananiers, avec au milieu deux grandes tentes de fortune, sous lesquelles une quarantaine d'hommes et de femmes fument toute la journée de l'héroïne et du crack. Les conditions sont précaires, l'insalubrité règne, les maladies circulent, dont le sida ou la tuberculose. Benjamin vit là depuis cinq ans. "Cela a tué beaucoup d'hommes ici, cela tue beaucoup de nos grands frères."

Sida, tuberculose, prostitution... En Côte d'Ivoire, un usager de drogue a 50 fois plus de risques d'être contaminé par la tuberculose que le reste de la population. A Abidjan, entre 6 000 à 10 000 usagers de drogue sont dans la rue, ils se regroupent dans ces "fumoirs", à l'abri des regards. On y fume à plusieurs sur la même pipe, on vit dans la promiscuité, raconte John : "Nous sommes tous regroupés. Si celui qui est en face a la tuberculose, s'il tousse... On peut être vingt ou trente, s'il y a un seul malade, tous ceux qui sont à côté peuvent attraper la maladie."

Il y en a, on ne voit pas, on ne sait pas (...)

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