Ce que va faire Macron à la Cop27 ce lundi

France's President Emmanuel Macron looks on upon the arrival of German Chancellor Olaf Scholz for a lunch at the presidential Elysee Palace in Paris on October 26, 2022. - The two leaders aim to
LUDOVIC MARIN / AFP France's President Emmanuel Macron looks on upon the arrival of German Chancellor Olaf Scholz for a lunch at the presidential Elysee Palace in Paris on October 26, 2022. - The two leaders aim to "strengthen Franco-German cooperation" and respond to common challenges in a "united and supportive way", to revive the Franco-German tandem, plagued by a series of disputes, from energy to defense, against the backdrop of the war in Ukraine. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)

COP27 - La conférence de l’ONU sur le climat (Cop27) s’est ouverte ce dimanche 6 novembre à Charm el-Cheikh en Égypte, avec une nouvelle mise en garde sur une accélération du réchauffement climatique.

Emmanuel Macron s’y exprimera ce lundi 7 novembre, dans l’après-midi. Le président français aura aussi plusieurs rencontres bilatérales, notamment avec son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi ou encore le nouveau Premier ministre britannique Rishi Sunak.

L’une des questions sensibles sera celle des financements dédiés que réclament les pays les plus pauvres, quasiment pas responsables du réchauffement mais exposés à ses effets dévastateurs, pour compenser les « pertes et dommages » déjà subis. Ces financements viendraient s’ajouter aux 100 milliards de dollars par an promis pour aider les pays moins développés à baisser leurs émissions de gaz à effet de serre et s’adapter aux effets du changement climatique - un engagement toujours pas tenu.

« La France a une position ouverte sur ce sujet », a assuré vendredi la présidence française. Mais un conseiller du chef de l’État a aussitôt précisé qu’aux yeux de Paris, la création d’une « nouvelle facilité financière » n’était pas la réponse la « plus efficace ». Il a expliqué vouloir privilégier la recherche de « solutions » concrètes « parce que l’argent en fait il existe déjà dans d’autres fonds ».

Pour autant, la France assure être « en première ligne » dans la « solidarité avec les pays pauvres et les pays émergents », dans le cadre du « contrat Nord-Sud » proposé par le président Macron à l’Assemblée générale de l’ONU en septembre, promettant de nouvelles annonces d’aides lors de la Cop27. Elle va aussi plaider auprès des autres États membres du G7, et notamment auprès des États-Unis, pour qu’ils tiennent leurs propres engagements financiers sur la solidarité.

L’Élysée a présenté cette Cop comme celle « de la mise en œuvre », « extrêmement importante » pour traduire en actes les engagements pris à Paris en 2015 puis à Glasgow l’an dernier.

Emmanuel Macron mettra l’accent sur trois priorités, selon la présidence : la sortie du charbon, « qui reste quand même la mère des batailles » ; l’agriculture, avec des annonces attendues sur « la grande muraille verte au Sahel » ; et la biodiversité et la relance du « partenariat sur les forêts », auxquelles sera consacré un événement en présence du chef de l’État français.

Première rencontre entre Macron et Sunak

Par ailleurs, le président rencontrera Rishi Sunak ce lundi en marge de la Cop27, pour leur premier tête-à-tête depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau Premier ministre britannique.

Emmanuel Macron s’était entretenu fin octobre au téléphone avec le dirigeant conservateur. Selon Downing Street, les deux hommes avaient notamment décidé de coopérer davantage contre les traversées illégales de la Manche.

Le chef du gouvernement britannique avait alors « souligné l’importance pour les deux pays de rendre la route de la Manche totalement impraticable pour les trafiquants d’êtres humains », avaient dit ses services.

Dans une tribune publiée ce dimanche dans le journal Mail on Sunday, la ministre britannique de l’Intérieur Suella Braverman affirme travailler avec son homologue français Gérald Darmanin « pour construire une coopération plus forte et faire un meilleur usage des technologies de surveillance britanniques ». Le même journal rapporte que le Royaume-Uni espère signer « dans les prochaines semaines » un accord sur ce sujet explosif.

Près de 40 000 personnes ont déjà réussi la traversée de la Manche sur de petites embarcations depuis le début de l’année, déjà bien plus que le record de 2021.

Après une période de tensions entre Londres et Paris, le gouvernement de Rishi Sunak, devenu Premier ministre sur fond de grave crise politique après les démissions, coup sur coup, de Boris Johnson et Liz Truss, semble adopter un ton plus conciliant à l’égard de la France.

Le chef du gouvernement britannique a ainsi souligné lors de son entretien téléphonique avec Emmanuel Macron « l’importance de la relation entre le Royaume-Uni et la France, voisin et allié » et dit « attendre avec impatience » un sommet bilatéral l’année prochaine, selon son porte-parole.

De son côté, le président français a fait état de sa « disponibilité » pour « approfondir la relation bilatérale » dans « les domaines de la défense, des affaires stratégiques et de l’énergie », avait rapporté l’Élysée, sans évoquer le sujet épineux des migrants.

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