Vénus : la présence de phosphine dans son atmosphère est remise en cause

Laurent Sacco, Journaliste
·2 min de lecture

Il y a un mois maintenant, on se souvient du buzz déclenché par une publication dans le célèbre journal Nature Astronomy par une équipe internationale de chercheurs. Avec ses collègues, dont l’astrophysicienne états-unienne Sara Seager et l'astrochimiste Clara Sousa Silva, toutes deux du MIT, l’astronome britannique Jane Greaves, elle-même professeure d'astronomie à l'université de Cardiff, annonçait avoir des indications convaincantes de la présence d’une quantité anormale de phosphine (PH3) dans l’atmosphère de Vénus.

Or, cette molécule est particulière. On la trouve dans l’atmosphère de la Terre et c’est un sous-produit de l’activité de bactéries sur notre Planète bleue et dans une moindre mesure de l’industrie humaine. Par contre, on la détecte aussi dans l’atmosphère de la géante gazeuse qu’est Jupiter mais on sait que sa synthèse y est le résultat des conditions physico-chimiques bien particulières qui y règnent. Son origine est donc abiotique, comme disent les exobiologistes, donc rien à voir avec une forme de vie. Pouvait-il en être autrement sur Vénus ?

Pour Sara Seager et certains des auteurs de la publication dans Nature Astronomy la question se posait. Malgré le fait que la molécule soit certes détectée dans des couches de l’atmosphère de Vénus où les températures et pressions sont clémentes (entre 53 et 61 kilomètres d’altitude), on pouvait avoir des doutes car les nuages y contenant de l’eau étaient surtout composés d’acide sulfurique pur à des concentrations jamais supportées même par des extrêmophiles terrestres.

Ses doutes n’ont pas empêché Sara Seager de se lancer, avec l’appui du programme de recherche de vie extraterrestre Breakthrough Initiatives financé par le milliardaire Yuri Milner, dans l’étude de missions à destination de Vénus pour y chercher les éventuels micro-organismes, peut-être à l’origine de la phosphine détectée. On peut s’en convaincre en consultant le site qu’elle a mis en ligne à ce sujet avec des collègues : The Search for...

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