« Un véhicule essence émet autant de particules fines que dix vilains diesel ! »

Bonnafous, Alain
«Alors que les émissions moyennes de CO2 des véhicules neufs en France ont baissé de 37 % en 23 ans, elles ont augmenté en 2017 en raison de la baisse de la proportion de diesel dans ces achats! C'est ce que l'on appelle la transition énergétique», déplore Alain Bonnefous. / PHILIPPE HUGUEN/AFP

FIGAROVOX/TRIBUNE - Alain Bonnafous rappelle les progrès récents effectués dans la construction des moteurs diesel afin de les rendre moins polluants. Il s'oppose à l'alignement des prix du gazole et de l'essence, jugé inefficace et non écologique.

Alain Bonnafous est professeur émérite de l'Université de Lyon (IEP) et chercheur au Laboratoire Aménagement, Économie, Transports.

Ici où là on voit surgir la première question dérangeante qui nuance la condamnation du diesel: comment peut-on décréter la lutte contre les gaz à effet de serre et «en même temps» favoriser la disparition du diesel qui émet moins de CO2? Cela devient plus dérangeant encore si l'on compare les effluents nocifs des plus récents moteurs selon qu'ils soient à essence ou au diesel, les seconds étant devenus plus propres.

En préalable à toute argumentation, je précise que je ne me situe pas dans une opposition butée aux préoccupations écologiques, qu'il s'agisse des déséquilibres de la biosphère où de la pollution locale. Ayant été co-auteur du premier livre qui, il y a plus de 40 ans, suggérait de prendre en compte l'environnement dans l'évaluation de la politique des transports, je serais mal placé pour occulter quelques données bien établies, notamment sur les deux inconvénients initiaux du diesel: les émissions de particules fines aux effets nocifs reconnus et le dangereux dioxyde d'azote (NO2) qui, outre ses effets inflammatoires sur les voies respiratoires, favorise la formation de ces particules, notamment les plus fines, sous forme d'aérosols de nitrates.

Les avantages du petit Satan

En regard, le diesel a des avantages substantiels par rapport à l'essence: il émet 15 à 20 % de moins de CO2, gaz inoffensif mais qui alimente l'effet de serre, et nettement moins de monoxyde de carbone (CO) et d'hydrocarbures ; à l'exception du benzo(a)pyrène, souvent cité car cancérigène et produit essentiellement par des moteurs diesel (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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