Cette œuvre dénonçant les drames de l’immigration n’a pas été exposée sur l’île de Lampedusa

© Observateurs

Depuis le début du mois de juillet, plusieurs publications Facebook partagent une photographie censée avoir été prise sur l’île italienne de Lampedusa lors d’une exposition. Cette image circule sur les réseaux sociaux depuis plusieurs années et est souvent accompagnée de cette même légende trompeuse. La photographie montre en réalité une œuvre d’art créée au Michigan en 2013 à partir d’affaires retrouvées près de la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

La vérification en bref

  • Depuis le début du mois de juillet, plusieurs publications Facebook partagent une photographie censée avoir été prise sur l’île italienne de Lampedusa lors d’une exposition. L’île est connue pour être le lieu de passage de nombreux candidats à l’immigration vers l’Europe.

  • Cette image circule sur les réseaux sociaux depuis plusieurs années et est souvent accompagnée de cette même légende trompeuse.

  • La photographie montre en réalité une œuvre d’art créée en 2013 aux États-Unis. Si elle dénonce bien les dangers que peuvent rencontrer les personnes exilées, cette œuvre n’a en réalité pas de lien avec l’île de Lampedusa. Elle a été réalisée à partir d’affaires retrouvées près de la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Le détail de la vérification

Depuis le mois de juin, les traversées de personnes exilées embarquant en Tunisie ou encore Libye afin de se rendre en Italie se sont intensifiées. Plus d'un millier de migrants sont arrivés en Italie le 24 juillet tandis que des centaines d'autres, secourus par des navires humanitaires, attendaient un port pour les recevoir, ont expliqué dimanche des ONG et les autorités. Le point d’accueil de l’île de Lampedusa a indiqué héberger près de1600 personnes alors que sa capacité est de 350 places. Sur les réseaux sociaux, cette actualité entraîne la publication de nombreux messages dénonçant la situation. Mais parmi les images authentiques, certains comptes relayent de fausses informations.

C’est par exemple le cas de ces publications qui partagent une photographie sur laquelle on distingue un mur recouvert de sacs à dos entassés. D’après les comptes diffusant ces images, il s’agirait d’une œuvre d’art, réalisée à partir des affaires d’exilés ayant perdu la vie dans la traversée de la Méditerranée, exposée dans un musée de l’île de Lampedusa.

Pour retrouver l’origine exacte de cette photographie, il faut réaliser une recherche d’image inversée (voir ici comment procéder). Les moteurs de recherche Bing et Yandex permettent de retrouver cette photographie sur le site de l’Université du Michigan, où elle a été publiée le 8 février 2017. Le site indique que ce mur recouvert de sac à dos est une œuvre d’art, et qu’elle fait partie de l’exposition “State of Exception” créée par les artistes Richard Barnes et Amanda Krugliak.

En recherchant ensuite sur Google les mots clefs “State of Exception Barnes Krugliak”, on retrouve plusieurs articles mentionnant cette exposition. Ces articles, ainsi que le livret de présentation de l’exposition, nous apprennent qu’elle a été créée en 2013 à l’Université du Michigan. Elle a ensuite été exposée dans plusieurs galeries américaines, par exemple à New York en février 2017.

Concrètement, ce mur recouvert de sac à dos est une œuvre d’art réalisée à partir de centaines d’affaires retrouvées près de la frontière entre les États-Unis et le Mexique et ayant appartenu à des migrants tentant d’entrer aux États-Unis.

Si cette œuvre impressionnante et cette photographie dénoncent donc bien les dangers que peuvent rencontrer les personnes exilées, elles n’ont pas de lien avec l’île de Lampedusa. Cependant, un musée de l’île italienne a bien accueilli, en 2019, une autre exposition réalisée à partir d’objets récupérés dans des bateaux de migrants.

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