USA: le soldat Bergdahl attend sa sentence pour désertion

Robert Bowdrie "Bowe" Bergdahl (au centre) escorté au tribunal militaire de la base de Fort Bragg le 16 octobre 2017

Washington (AFP) - Le soldat américain Bowe Bergdahl, ex-captif des talibans pendant cinq ans en Afghanistan après avoir quitté son poste, risque d'être condamné à perpétuité pour désertion lors des auditions finales de son procès qui ont commencé lundi.

Un tribunal militaire de la base de Fort Bragg, en Caroline du Nord (sud-est), va sceller le destin du sergent Bergdahl, 31 ans, qui a plaidé la semaine dernière coupable de désertion et d'avoir mis en danger la vie de ses camarades de combat.

La première journée d'audiences a été écourtée, les avocats de Bergdahl ayant requis l'annulation du procès, estimant que les commentaires du président américain Donald Trump à son égard ne pouvaient lui permettre un procès juste.

Pendant la campagne électorale, le candidat républicain l'avait traité de "sale traître pourri" qui méritait d'être exécuté.

Une première requête en annulation invoquant ces propos de campagne avait été rejetée par le juge, mais interrogé la semaine dernière à ce sujet, Donald Trump avait répondu: "Je ne veux pas faire de commentaire mais je pense que les gens ont entendu mes commentaires dans le passé".

Les avocats de Bergdahl ont donc déposé une nouvelle requête que le juge militaire, le colonel Jeffery Nance, doit examiner. Il annoncera sa décision à la reprise des audiences mercredi.

En plaidant coupable, Bergdahl, qui avait été libéré par les talibans en 2014 au cours d'un échange de prisonniers, a laissé au juge toute latitude pour décider de la sentence. Il encourt jusqu'à cinq ans de prison pour la désertion, et la perpétuité pour mauvaise conduite face à l'ennemi.

Mais il pourrait être acquitté, si le juge considère qu'il a quitté son poste en pensant sincèrement pouvoir rejoindre une autre unité pour y dénoncer des dysfonctionnements au sein de son poste, comme il l'a plaidé.

Bowe Bergdahl avait été capturé par les talibans après avoir quitté seul, subrepticement, sa base près de la frontière pakistanaise le 30 juin 2009. Il avait été retenu en captivité pendant cinq ans, jusqu'à ce que les Etats-Unis acceptent en échange de sa libération de remettre en liberté cinq cadres talibans en détention à Guantanamo.

Le juge devrait entendre les témoignages de deux soldats blessés au cours des longues et épuisantes opérations de recherche qui avaient suivi sa disparition.

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