USA: Nancy Pelosi appelle à un boycott diplomatique des JO de Pékin 2022

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USA: NANCY PELOSI APPELLE À UN BOYCOTT DIPLOMATIQUE DES JO DE PÉKIN 2022

par Michael Martina et David Brunnstrom

WASHINGTON (Reuters) - La présidente démocrate de la Chambre américaine des représentants, Nancy Pelosi, a appelé à un boycott diplomatique des Jeux olympiques d'hiver 2022 à Pékin, en accusant la Chine de violation des droits de l'homme et en estimant que les dirigeants qui y participeraient perdraient toute autorité morale.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a jugé que les déclarations de Nancy Pelosi étaient "remplies de mensonges" et que les droits de l'homme enregistraient d'importants progrès en Chine.

A Washington, le porte-parole de l'ambassade de Chine, Liu Pengyu, a déclaré à Reuters que les tentatives américaines d'ingérence dans les affaires intérieures de la Chine pendant les Jeux olympiques étaient vouées à l'échec.

"Je me demande ce qui fait que certains responsables politiques américains pensent qu'ils ont réellement une soi-disant autorité morale? Sur les questions des droits de l'homme, ils ne sont pas en position, ni historiquement ni actuellement, d'émettre des critiques sans fondement contre la Chine", a-t-il déclaré.

S'exprimant lors d'une audition sur le sujet au Congrès américain, Nancy Pelosi a invité les chefs d'Etat du monde entier à ne pas assister aux Jeux prévus en février 2022 dans la capitale chinoise, alors que le département d'Etat qualifie de génocide le sort réservé à la minorité musulmane des Ouïghours dans le Xinjiang, dans l'ouest de la Chine. Pékin rejette ces accusations.

"Ce que je propose - et je me joins à ceux qui le proposent - c'est un boycott diplomatique", a-t-elle dit, dans lequel "les principaux pays du monde refusent de participer aux Jeux olympiques".

"Ne rendons pas hommage au gouvernement chinois en invitant des chefs d'Etat à se rendre en Chine", a-t-elle ajouté.

"Le fait que des chefs d'Etat se rendent en Chine alors qu'un génocide est en cours (...) soulève réellement la question de savoir de quelle autorité morale dispose-t-on pour parler à nouveau des droits de l'homme n'importe où dans le monde", s'est-elle interrogée.

En avril, le porte-parole du département d'Etat, Ned Price, avait indiqué que Washington souhaitait une approche coordonnée sur le sujet et non nécessairement un boycott collectif.

(Avec David Kirton à Pékin; version française Claude Chendjou, édité par Bertrand Boucey)