USA: L'emploi ralentit, un défi pour le prochain président

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USA: L'EMPLOI RALENTIT, UN DÉFI POUR LE PROCHAIN PRÉSIDENT
USA: L'EMPLOI RALENTIT, UN DÉFI POUR LE PROCHAIN PRÉSIDENT

WASHINGTON (Reuters) - Les créations d'emplois aux Etats-Unis ont été moins nombreuses en octobre qu'en septembre, montrent les statistiques officielles publiées vendredi, qui confirment que la fin des mesures de relance et le regain de l'épidémie de coronavirus freinent la reprise, un défi majeur pour le vainqueur de l'élection présidentielle, quel qu'il soit.

Le département du Travail a recensé 638.000 créations de postes non-agricoles le mois dernier après 672.000 (révisé) en septembre et alors que les économistes et analystes interrogés par Reuters en attendaient en moyenne 600.000.

Le chiffre d'octobre est le plus faible enregistré depuis le début de la reprise en mai.

Le nombre d'Américains disposant d'un emploi reste ainsi inférieur de près de dix millions à son niveau de février, avant le début de la crise du coronavirus.

Ces chiffres soulignent les défis qui attendent le prochain président des Etats-Unis, qu'il s'agisse du sortant républicain Donald Trump ou du démocrate Joe Biden, pour assurer la poursuite de la croissance de la première économie mondiale après la pire contraction qu'elle ait subie depuis les années 1930.

Le produit intérieur brut (PIB) américain a en effet chuté de 31,4% en rythme annualisé au deuxième trimestre et s'il a rebondi de 33,1% au troisième, il est menacé d'une rechute en fin d'année avec la nouvelle vague de la pandémie.

Le taux de chômage aux Etats-Unis a reculé à 6,9% le mois dernier après 7,9% en septembre, alors que consensus le donnait à 7,7%. Mais cet indicateur n'est pas considéré, aux Etats-Unis, comme une mesure fidèle de l'évolution du marché du travail car il est biaisé par le fait qu'une partie des personnes interrogées pour le calculer se classent à tort comme "employés mais absents de leur travail", ce qui aboutit à le sous-évaluer.

On sait en revanche qu'au moins 21,5 millions de personnes recevaient des allocations chômage mi-octobre.

Le salaire horaire moyen a parallèlement augmenté deux fois moins qu'attendu, de 0,1% sur un mois, après avoir stagné en septembre. Il reste toutefois en hausse de 4,5% sur un an.

Ces statistiques ont été bien accueillies dans l'immédiat par les marchés financiers: les contrats à terme sur les principaux indices boursiers américains ont réduit leurs pertes juste après leur publication et le rendement des bons du Trésor à dix ans s'est orienté à la hausse pour remonter à plus de 0,8%.

(Lucia Mutikani, version française Marc Angrand)