USA 2020: Pour la première fois, Trump admet que Biden pourrait lui succéder

par Steve Holland
·3 min de lecture
USA 2020: POUR LA PREMIÈRE FOIS, TRUMP ADMET QUE BIDEN POURRAIT LUI SUCCÉDER
USA 2020: POUR LA PREMIÈRE FOIS, TRUMP ADMET QUE BIDEN POURRAIT LUI SUCCÉDER

par Steve Holland

WASHINGTON (Reuters) - Dix jours après l'élection présidentielle américaine du 3 novembre, six jours après la victoire annoncée du démocrate Joe Biden, Donald Trump a une nouvelle fois refusé d'admettre sa défaite vendredi, tout en semblant reconnaître la possibilité d'un changement d'administration.

"Idéalement, on ne fera pas un confinement. Je ne le ferai pas, cette administration ne fera pas un confinement", a déclaré le président républicain sortant lors d'une conférence de presse à la Maison blanche consacrée au vaccin contre le COVID-19, sa première apparition en public depuis le scrutin.

"Qui sait ce que sera l'administration (en janvier) ? Le temps nous le dira", a-t-il cependant ajouté.

Selon les projections de l'institut Edison Research, qui travaille pour les grands réseaux de télévision américains, Joe Biden a remporté l'élection du 3 novembre avec 306 grands électeurs contre 232 à son adversaire républicain.

Contrairement à la tradition entretenue par de nombreux candidats battus, Donald Trump n'a pas appelé son rival pour le féliciter et son équipe de campagne a déposé des recours pour contester la régularité du scrutin dans certains Etats.

Mais la plupart des experts, y compris dans le camp républicain, s'accordent à dire que ces procédures n'ont guère de chances d'aboutir.

Face à ce rêve d'une réélection qui semble s'envoler, Donald Trump réfléchit avec ses conseillers aux moyens de rester sous les feux de l'actualité, au moins sur le plan médiatique, sans exclure de se représenter à la présidence en 2024.

A court terme, le président sortant devrait faire campagne en Géorgie pour les deux derniers sièges en jeu au Sénat, lors d'un second tour le 5 janvier. Le scrutin sera crucial pour le contrôle de la chambre haute du Congrès.

"IL VEUT ÊTRE À NOUVEAU CANDIDAT"

Donald Trump envisage également de lancer une nouvelle chaîne de télévision, ou un réseau social, afin de contester ceux par qui il estime avoir été trahis et de s'adresser directement aux Américains, selon plusieurs conseillers.

"Je pense que toutes les options sont sur la table, que ce soit un réseau social ou une société de médias pour qu'il puisse annoncer qu'il se représente le jour où il part", a déclaré un responsable républicain ayant pris part à plusieurs réunions avec le président sortant.

"Il estime qu'il a été victime d'une tricherie et il veut être à nouveau candidat", renchérit un conseiller.

Rien n'indique cependant que Donald Trump serait assuré d'être nommé candidat par le Parti républicain. "Tout le monde le respecte mais pense qu'il est temps d'ouvrir un nouveau chapitre", précise un stratège du Grand Old Party.

L'idée de créer une nouvelle chaîne de télévision serait notamment motivée par l'ambition de concurrencer Fox News, la chaîne conservatrice à qui Donald Trump reproche de ne pas l'avoir assez soutenu.

Christopher Ruddy, ami du président et directeur de la chaîne conservatrice Newsmax, n'est pas certain que son entourage apprécierait le défi que cela représente, mais il se dit prêt à ouvrir sa grille de programmation pour le président sortant.

"Le président a un pouvoir d'attraction phénoménal. Il a une énorme base de partisans comme jamais aucune personnalité politique avant lui dans l'histoire américaine", ajoute-t-il.

Des groupes de la droite radicale américaine et d'autres partisans de Donald Trump comptent ainsi se rassembler samedi à Washington pour dénoncer l'issue de l'élection présidentielle américaine et la victoire annoncée de Joe Biden.

Concernant les réseaux sociaux, Donald Trump a parlé avec ses conseillers de la possibilité d'imiter la technologie de Twitter afin de créer un réseau social "conservateur" et sans filtre. Il a également pensé à animer une émission de radio quotidienne depuis la Maison blanche, mais son entourage est parvenu à l'en dissuader.

(Avec Alexandra Alper et Matt Spetalnick; version française Jean-Stéphane Brosse)