Ursula von der Leyen privée de chaise: Ankara se défend, l'Union européenne s'explique

Clément Boutin
·4 min de lecture
Ursula von der Leyen privée de chaise: Ankara se défend, l'Union européenne s'explique

Mardi, lors d'une rencontre en Turquie entre Recep Tayyip Erdogan, Charles Michel et Ursula von der Leyen, aucune chaise n'avait été installée pour la présidente de la Commission européenne, obligée de s'asseoir sur un canapé à l'écart des deux hommes politiques. Critiquée, Ankara se défend de toute faute et impute la responsabilité à l'Union européenne.

"Hum!" Jamais cette onomatopée n'avait été aussi analysée, commentée et partagée. Mardi, en marge d'une rencontre en Turquie entre Recep Tayyip Erdogan, Charles Michel et Ursula von der Leyen, une scène a été particulièrement diffusée sur les réseaux sociaux

Dans la salle où se tient la réunion, la présidente de la Commission européenne est obligée de s'assoir sur un divan, en retrait du président turc et du président du Conseil européen, qui prennent place côte à côte sur les deux seules chaises se trouvant au centre de la pièce. Visiblement surprise, Ursula von der Leyen a donc murmuré cette onomatopée, avant de se résigner à s'installer sur le sofa. Une séquence qui a donné naissance au hashtag #Sofagate sur Twitter.

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Comment expliquer ce que de nombreux internautes perçoivent à la fois comme un affront protocolaire et une manifestation du sexisme de Recep Tayyip Erdogan? Ankara se défend de toute faute et de toute volonté de sa part d'ostraciser Ursula von der Leyen. 

"Les demandes de l'Union européenne (UE) ont été respectées. Cela veut dire que la disposition des sièges a été réalisée à leur demande. Nos services de protocole se sont rencontrés avant la réunion et leurs demandes (de l'UE) ont été respectées", a déclaré le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu lors d'une conférence de presse ce jeudi. "Les accusations visant la Turquie sont injustes", a-t-il ajouté.

"Une volonté manifeste de bien faire"

Une explication confirmée par Charles Michel, mercredi soir, qui s'est justifié dans un long post Facebook. Car le président du Conseil européen a lui aussi été critiqué lors de cet incident, des internautes et personnalités politiques jugeant qu'il aurait pu agir. 

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L'ancien Premier ministre belge a affirmé qu'"en dépit d'une volonté manifeste de bien faire, l'interprétation stricte par les services turcs des règles protocolaires a produit une situation désolante: le traitement différencié, voire diminué, de la présidente de la Commission européenne."

"Les quelques images qui en ont été diffusées ont donné l'impression que j'aurais été insensible à cette situation. Rien n'est plus éloigné ni de la réalité, ni de mes sentiments profonds. Ni enfin des principes de respect qui me paraissent essentiels. Sur le moment, tout en percevant le caractère regrettable de la situation, nous avons choisi de ne pas l'aggraver par un incident public, et de privilégier en ce début de rencontre la substance de la discussion politique que nous allions entamer", a-t-il poursuivi.

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Selon Charles Michel, la Turquie a tout simplement appliqué les règles protocolaires à la lettre. "Le traité de Lisbonne prévoit qu’à l’étranger le président du Conseil a la préséance sur le ou la présidente de la Commission", a précisé un membre de l'entourage de Charles Michel au Monde

La présidente "surprise"

Le porte-parole d'Ursula von der Leyen n'est visiblement pas d'accord avec le Conseil européen. Eric Mamer a assuré, mercredi, que "les présidents des deux institutions ont le même rang protocolaire." 

"La présidente von der Leyen a été surprise. Elle a décidé de passer outre et de donner la priorité à la substance. Mais cela n'implique pas qu'elle n'accorde pas d'importance à l'incident", a-t-il ajouté.

Sur Twitter, la député européenne Sophie in 't Veld a quant à elle affirmé, photographie à l'appui, qu'il est déjà arrivé que les deux dirigeants de l'Union européenne soient assis ensemble avec le président turc. Sur des clichés, qui remontent au sommet du G20 de 2015 à Antalya en Turquie, Recep Tayyip Erdogan est installé aux côtés de Jean-Claude Juncker et de Donald Tusk, alors présidents de la Commission et du Conseil.

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"J'ai toujours respecté le protocole"

Auprès du média Politico, Jean-Claude Juncker a lui aussi assuré que, lors de ses déplacements, "il était clair pour tout le monde, d'un point de vue protocolaire, que le chef du Conseil européen était numéro 1 et le président de la Commission européenne numéro 2."

"Quand je voyageais avec Donald Tusk ou Herman Van Rompuy, j'ai toujours respecté ce protocole. J'avais normalement une chaise à côté du président du Conseil, mais il arrivait parfois que je sois assis sur un canapé", a-t-il affirmé.

Cette scène ne risque, en tout cas, pas de se reproduire de sitôt. Eric Mamer, le porte-parole de la présidente de la Commission européenne, a annoncé qu'Ursula von der Leyen "a demandé à ses services de faire en sorte que ce genre d'incident ne se répète pas à l'avenir."

Article original publié sur BFMTV.com

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