Urgences: la CGT manifeste pour étendre la grève à tout l’hôpital public

Deux jours après les annonces de la ministre de la Santé pour tenter de sortir les urgences de la crise, près de 600 personnels hospitaliers de toute la France ont défilé à Paris à l'appel du syndicat. Pour la CGT, la « refondation » promise par Agnès Buzyn est non seulement insuffisante mais doit concerner l'ensemble de l'hôpital.

« On veut des bras, des lits et du pognon », scandent les manifestants. Trois exigences auxquelles la ministre n'a pas répondu, jugent-ils.

C'est pourtant tout ce dont l'hôpital public a besoin pour Corinne Panot. Elle est aide-soignante dans un Ehpad, un établissement pour personnes âgées dépendantes, à Mirecourt, dans le nord-est de la France.

« Les urgences ont ouvert l’autoroute des grèves et de la contestation, explique-t-elle. Mais je pense qu’inévitablement les Ehpad vont suivre parce qu’il n’y a pas les moyens de s’occuper dignement des patients, des résidents. »

« Soigner aussi les autres services hopsitaliers »

« Sauve ton hôpital, un jour il te sauvera. » C'est le slogan choisi par Sandrine Respot. Cette infirmière en pneumologie est venue de Draguignan dans le Sud-Est. Elle aussi réfléchit à rejoindre le mouvement, car elle estime qu'un hôpital, c’est tout une machine et qu’on ne pourra jamais désengorger les urgences si on ne soigne pas les autres services.

« S’il n’y a pas de lits ouverts dans les services et si l'on continue à en fermer, c’est comme à la caisse d’un supermarché. S’il n’y a pas de caissière, vous ne pouvez pas avancer, c’est pareil. »

Lundi, la ministre espérait désamorcer la crise aux urgences. Elle pourrait bien en avoir nourri une, bien plus large dans tout l'hôpital public.

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