«Until Our Hearts Stop», en chairs et en noces

Libération.fr

Entre rite et fête, les danseurs de Meg Stuart réinventent la prise de contact.

Aquoi ressemble la joie ? Quelle est sa manifestation physique ? Comment exprimer cet état hors de soi qui échappe à toute définition univoque, sans tomber dans la niaiserie ? C’est tout l’intérêt de la dernière pièce de la chorégraphe américaine Meg Stuart, Until Our Hearts Stop. A la recherche d’un équilibre précaire, portés par une confiance et une vitalité sans bornes, les corps en tension et en perpétuels mouvements de ses six performeurs (et trois musiciens) exultent, se cherchent et s’oublient dans une liesse communicative. Assoiffée de contact, la petite bande se goûte, se renifle, se mord et s’empoigne en une course insensée, comme une portée de chiots insatiables. Dans cette lutte cannibale où la chair claque et le souffle circule par tous les orifices, la tendresse est une démonstration brute qui tire larmes et rires.

A la tête de la compagnie Damaged Goods depuis une vingtaine d’années, Meg Stuart bâtit ses pièces en tirant de chacun de ses interprètes le matériau d’une expérience sensorielle intense. Pour Until Our Hearts Stop, elle évoque un processus mené à partir de tantra, de techniques somatiques et d’hypnose, aboutissant à une «expérience totale» qui inclut le toucher et l’odorat. Ainsi assiste-t-on à la mise en œuvre d’une expansion de soi, encadrée par des moments chorégraphiques qui viennent remettre les corps d’aplomb sur une scène quadrillée.

Entraînant les danseurs dans un jeu aux règles inconnues, Meg Stuart les incite à éprouver les limites de l’autre (la peau comme le repli des chairs) jusqu’à la rupture et l’épuisement. Après ce rite de passage, les interprètes invitent le public à la fête, faisant tourner dans la salle une bouteille de bourbon et des morceaux de terre à modeler, avant que le spectacle ne dérive vers une forme de cabaret absurde un brin superflu. Livrées en partage, sensations et matières débordent de la scène vers la comfort zone du (...)

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