Université Soros : «Nous sommes chassés de Hongrie»

Libération.fr
La CEU, le 3 décembre.

Après le refus du Premier ministre Viktor Orbán de prolonger l'accréditation de l'université d'Europe centrale, qui va aller s'installer à Vienne, recteurs et étudiants fustigent le manque de soutien de l'Union européenne.

Devant l’ancien palais XVIIIe, siège de l’Université d’Europe centrale (CEU), quelques bougies alignées sur le trottoir, en guise d’hommage funèbre. A l’intérieur, ambiance morose. Etudiants et enseignants sont consternés depuis que la prestigieuse institution, fondée à Budapest il y a vingt-sept ans par le milliardaire américano-hongrois George Soros, a annoncé qu’elle transférait l’essentiel de ses activités à Vienne. «Nous sommes chassés de Hongrie. C’est une attaque contre la liberté académique», s’indigne son recteur, Michael Ignatieff. «Et demain, le pouvoir va commencer à brûler des livres», enrage une diplômée de CEU sur les réseaux sociaux.

Le Premier ministre national-souverainiste Viktor Orbán, refuse de prolonger l’accréditation de CEU qui permet à cette dernière de délivrer des diplômes reconnus aux Etats-Unis. L’institution spécialisée en sciences sociales et politiques a pourtant respecté les exigences posées par une nouvelle loi hongroise et ouvert une filière universitaire aux Etats-Unis. Mais le gouvernement maintient que CEU ne respecte pas la loi, «un mensonge pur et simple», proteste Eva Fodor, la rectrice-adjointe.

Lâchage et abandon

«L’Union européenne nous a laissés tomber», confie une enseignante sous couvert d’anonymat. Ce sentiment de lâchage et d’abandon par les institutions communautaires est largement partagé, même si la Commission européenne a porté plainte contre la Hongrie devant la Cour européenne de justice. Y compris parmi les étudiants non hongrois (60% de l’effectif), très critiques vis-à-vis de l’UE. Inscrit en master de sciences politiques, Mehmet Yavuz, originaire de Turquie, fustige la mollesse du Parti populaire européen (PPE), groupe conservateur du Parlement européen auquel appartient (...)

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