Une caissière de supermarché licenciée pour une erreur… de 85 centimes

AFP

Une employée de caisse du magasin Auchan City de Tourcoing dans le Nord affirme avoir été licenciée pour une erreur de caisse de 85 centimes.

Stéphanie est accusée par son ancien employeur d'avoir fait passer deux paquets de pâtes au lieu de quatre.

Un vol à 0.85 centimes 

Le 9 juillet dernier, Stéphanie est en charge des caisses automatiques du supermarché. “Une dame est passée en caisse et m'a demandé de soustraire deux paquets de pâtes sur les quatre de ses achats”, explique la femme, interrogée par la Voix du Nord. “A mon insu, alors que je surveillais les opérations depuis mon écran et les six caisses du poste, elle a rajouté un article qui n'a pas été scanné.”  La cliente a en effet ajouté les paquets de pâte retirés au préalable sans éveiller les soupçons de la salariée. 

Cela n'a cependant pas échappé à la vigilance des agents de sécurité qui ont demandé des explications à la cliente qui tentait de commettre un vol avant de lui demander de payer la somme due.

“Je suis prête à aller jusqu'aux prud'hommes”

La semaine suivante, lorsque Stéphanie se présente à son poste, elle est demandée par le chef de service qui lui remet un courrier stipulant une mise à pied conservatoire de onze jours. Elle est convoquée à un entretien préalable au licenciement le 22 juillet. Elle n'est cependant pas en état de s'y rendre. “J'étais bouleversée et mon médecin m'a mise en arrêt maladie”. Le 28 juillet, c’est la douche froide. Elle apprend son licenciement pour faute grave par courrier.

“Elle a le sentiment d'avoir été licenciée pour 0,85 euro”, selon Habib Hamdoud, délégué syndical du personnel, interrogé par la Voix du Nord. 

La CGT soutient l'employée dans sa bataille pour contester son licenciement. “Je suis prête à aller jusqu'aux prud'hommes” a-t-elle confié.  

“Un chariot de complaisance"

Pour la direction d'Auchan, l'hôtesse de caisse a laissé la cliente prendre quatre paquets de pâtes pour le prix de deux. “L'employée est délibérément intervenue sur son écran pour valider ce que l'on appelle un chariot de complaisance” accuse le chef de la sécurité contacté par le quotidien. “Il n'y a pas de doute pour nous : les faits sont avérés, les preuves patentes et cela mérite sanction” ajoute-t-il.

Depuis 2012, Stéphanie est la cinquième personne à faire l'objet d'un licenciement chez Auchan City.