«Under the Silver Lake», Los Angeles parano

Libération.fr

complotiste. Film noir à la sauce pop, le troisième long de David Robert Mitchell déboulonne les mythes hollywoodiens sans maniérisme.

Ah, l’Est d’Hollywood, si près du paradis ! Ses cafés latte à sept dollars, ses légions de scénaristes ratés, son parc d’attractions à ciel ouvert. Peut-être le dernier endroit où l’on croit encore que les secrets de l’univers sont cachés au dos d’une boîte de céréales. Y logent les déçus de l’industrie, les tarés et les presque parvenus, le quartier étant désormais en voie de gentrification avancée. C’est là, au cœur d’un modeste pâté de maisons avec piscine, comme on en a croisé chez Nathanael West ou David Lynch (ou encore dans Melrose Place, le condo étant l’habitat par excellence de l’acteur qui perce dans tous les objets produits par l’industrie), que David Robert Mitchell a posé le décor de son troisième film, Under the Silver Lake. Présenté en sélection officielle à Cannes, il arrive précédé de deux petits bijoux, The Myth of the American Sleepover (2014) et It Follows (2015), qui revisitaient ces icônes du cinéma américain que sont le teen-movie et le film de slasher.

Bimbo. L’attente était donc forte, et elle est un peu déçue par l’excès de malignité de ce film noir passé à la moulinette geek, bourré de clins d’œil, de brio et d’ironie. Under the Silver Lake entend digérer ce que le cinéma et la pop culture ont pu produire depuis leur âge d’or, sur fond de traque d’une jeune fille disparue virant au délire complotiste. L’exercice de remâchage n’est pas nouveau, mais il faut saluer combien il s’accomplit ici avec une quasi-absence de violence ou de maniérisme esthétisant, le déboulonnage des icônes se voilant d’une nostalgie des âges adolescents où ces totems reposaient encore sur une solide croyance.

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