Un proche de "MBS" accusé d'avoir supervisé des actes de torture

Évincé de la cour pour son rôle dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, Saud al-Qahtani, un des principaux conseillers du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, a personnellement supervisé des actes de torture commis sur une militante, au moins. /Photo prise le 20 octobre 2018/REUTERS/Huseyin Aldemir

LONDRES (Reuters) - Évincé de la cour pour son rôle dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, Saud al-Qahtani, un des principaux conseillers du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, a personnellement supervisé des actes de torture commis sur une militante, au moins, a-t-on appris auprès de plusieurs sources informées.

Trois sources de Reuters affirment qu'un groupe d'hommes a torturé cette femme et au moins trois autres par électrocution, flagellation et harcèlement sexuel entre mai et août dans un centre de détention secret de Djeddah.

Deux sources de Reuters, qui s'exprimaient sous le sceau de l'anonymat par peur des représailles, ont déclaré que Saud al-Qahtani était présent dans la pièce où se déroulaient les sévices commis contre l'une des militantes qu'il a menacée de viol et de meurtre.

Ces militantes ont été arrêtées pour avoir fait campagne en faveur du droit des femmes à conduire une voiture et pour avoir demandé la fin du système patriarcal en Arabie saoudite.

Ces accusations interviennent alors que Ryad essaye de faire oublier l'assassinat commis contre Jamal Khashoggi le 2 octobre dernier au consulat saoudien d'Istanbul.

Elles font également écho aux témoignages recueillis par Amnesty International et qui accusaient les autorités saoudiennes d'avoir eu recours à la torture par des chocs électriques et par des coups de fouet.

Contacté, un responsable saoudien a réfuté ces accusations qualifiées de "fausses et dénuées de toute connexion avec la vérité".

"Les détenues ont été emprisonnées sur la base d'accusations liées à la sécurité nationale et à la stabilité du royaume", a dit ce responsable qui a ajouté que leurs droits avaient été respectés et qu'elles avaient reçu des soins, que leurs familles avaient pu les rencontrer et qu'elles avaient eu le droit à une visite d'avocat.


(Edité par Nick Tattersall, Nicolas Delame pour le service français)