Un immense "parapluie" pour protéger Notre-Dame

Un immense "parapluie" va être installé au-dessus de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour protéger l'édifice, en partie détruit lundi par un incendie, des intempéries et permettre aux ouvriers de travailler à sa restauration, a annoncé vendredi l'association des architectes en chef. /Photo prise le 19 avril 2019/REUTERS/Philippe Wojazer

PARIS (Reuters) - Un immense "parapluie" va être installé au-dessus de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour protéger l'édifice, en partie détruit lundi par un incendie, des intempéries et permettre aux ouvriers de travailler à sa restauration, a annoncé vendredi l'association des architectes en chef.

Notre-Dame a déjà été très "humidifiée" par les opérations des sapeurs-pompiers et il faut maintenant "la mettre hors d'eau", a expliqué la présidente de l'association, Charlotte Hubert sur BFM TV.

L'architecte en chef de Notre-Dame de Paris, "Philippe Villeneuve va créer un grand parapluie", qui prendra la forme "probablement d'une grosse structure bâchée", a-t-elle ajouté.

"Ça redonnera une silhouette à Notre-Dame avec un toit pointu plus haut que le toit qu'elle avait puisqu'il faudra lui remettre son toit définitif en travaillant dessous."

Le dôme du Panthéon avait lui aussi été recouvert d'une bâche pendant plusieurs années au moment de sa restauration. Une fresque de l'artiste JR affichant des centaines de visages en noir et blanc avait habillé le monument en 2014.

Les équipes de conservation du patrimoine ont commencé à extraire vendredi de la cathédrale les "Mays", ces grands tableaux de deux mètres sur trois environ, commandés chaque année entre 1630 et 1707 par la Corporation des orfèvres, pour les mettre en sécurité.

"Les plus gros tableaux qui étaient encore à l'intérieur de la cathédrale, qui ont été préservés des flammes, (...) peuvent être retirés, déposés et transportés dans des réserves sécurisées et dans des conditions de conservation adaptées", a déclaré à la presse le ministre de la Culture, Franck Riester.

Ces oeuvres devaient toutes être retirées dans la journée. Il restera quelques tableaux situés sous la voûte, dans le transept, et qui "pour des raisons de sécurité" ne peuvent pas encore être atteints, a-t-il ajouté.


LA TOTALITÉ DU TRÉSOR ÉVACUÉ

La totalité du trésor de la cathédrale a ainsi pu être évacué depuis lundi soir, précise Judith Kargan, responsable du bureau de la conservation du patrimoine.

"Ce que nous faisons actuellement est une évacuation pour permettre au chantier de se dérouler sans être occupé avec les objets précieux au milieu", a-t-elle dit.

Les tableaux sont en bon état, a ajouté la directrice du Centre de recherche et de restauration des musées de France, Isabelle Pallot-Frossard.

"Il y a de l'humidité mais les tableaux n'ont pas eu d'eau directe. Il n'y a pas eu de suie car il n'y a pas eu de feu important dans la cathédrale. Quand des poutres enflammées sont tombées, les pompiers ont immédiatement jugulé le feu et éteint", a-t-elle expliqué.

Les équipe de secours ont également sécurisé le pignon Nord.

"Des filets de protection au cas où des parties de la roche tomberaient ont été installés, mais c'est l'architecte en chef des monuments historiques, avec les sapeurs-pompiers, qui pourra dire de façon très précise s'il n'y a plus aucun risque", a dit le ministre de la Culture.

L'état des voûtes, sur lesquelles reposaient encore des gravats et des poutres calcinées, restait cependant préoccupant et ne permettait pas encore aux équipes d'experts de circuler en toute sécurité dans la nef.

"Il faudra retirer progressivement ces gravats, sachant que dans le même temps, ils (...) doivent être examinés dans le cadre de l'enquête judiciaire et ça va prendre encore quelques jours", a dit Franck Riester.

Quelques "pierres et chimères" du beffroi Sud menaçaient encore de tomber sur les voûtes. Le pignon occidental devait aussi encore être sécurisé.

Les échafaudages autour de la flèche, qui s'est effondrée, n'ont pas besoin d'être démontés dans l'immédiat, a dit Charlotte Hubert, en précisant que tous les efforts étaient concentrés pour l'instant sur l'édifice.

Cette question se posera toutefois dans un avenir proche. "C'est une partie complexe, parce qu'il va falloir venir tube pas tube enlever cette structure qui a été, elle aussi, soumise à l'incendie, donc il y a des phénomènes de fonte dans le métal".


(Caroline Pailliez avec Pool, édité par Sophie Louet)