Un anesthésiste poursuivi pour sept empoisonnements

Un médecin anesthésiste exerçant dans une clinique de Besançon (Doubs) a été mis en examen lundi pour sept empoisonnements, dont deux mortels, de patients dont il avait la charge. Le praticien de 45 ans, qui nie les faits, a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer. /Photo d'archives/REUTERS/Michael Buholzer

STRASBOURG (Reuters) - Un médecin anesthésiste exerçant dans une clinique de Besançon (Doubs) a été mis en examen lundi pour sept empoisonnements avec préméditation de patients dont il avait la charge, dont deux ayant entraîné la mort, a annoncé mardi le parquet.

Le praticien a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer. Le parquet, qui avait demandé son placement en détention provisoire, a fait appel de cette décision, précise un communiqué.

L'homme est âgé de 45 ans et nie les faits, selon le quotidien L'Est Républicain.

Le médecin avait été interpellé samedi après une enquête préliminaire relative à deux accidents graves d'anesthésie survenus les 11 et 20 janvier au sein de la clinique Saint-Vincent de Besançon, des patients ayant dû être réanimés après des arrêts cardiaques survenus en cours d'opération.

"Les analyses toxicologiques réalisées sur les poches de soluté de réhydratation pour le premier cas et de paracétamol pour le second cas permettaient de retrouver de fortes quantités de potassium ou d'anesthésiques, à dose létale", a indiqué le vice-procureur Christine de Curraize.

"Au regard de la nature et des doses des substances introduites dans ces poches de perfusion, il ne pouvait s'agir que d'actes volontaires, de nature à entraîner la mort des patients à qui ces substances étaient destinées", a-t-elle ajouté.

L'enquête a permis d'établir un rapprochement avec deux événements comparables ayant entraîné la mort des patients dans cette même clinique en 2008 et 2016, et avec trois autres cas non mortels survenus en 2009 à la polyclinique de Franche-Comté.

Le médecin anesthésiste exerçait "au sein des deux cliniques pendant les périodes de temps où les sept événements indésirables graves sont survenus", précise le parquet.

Aucune explication n'est avancée concernant les faits reprochés. Les patients, âgés de 37 à 53 ans, n'étaient pas en fin de vie ni connus de l'anesthésiste, avait indiqué lundi soir le parquet à l'Est Républicain.

L'enquête se poursuit dans le cadre d'une information judiciaire confiée à deux juges d'instruction.

(Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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