Ukraine : Zelensky salue "un jour historique" après le retrait russe de Kherson

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué vendredi "un jour historique" après la reprise de Kherson, ville importante du sud de l'Ukraine, par les troupes de Kyiv après le retrait des forces russes.

"Aujourd'hui est un jour historique !", s'est-il félicité dans son allocution quotidienne publiée sur les réseaux sociaux. "Notre peuple. À nous. Kherson", avait-il écrit sur Telegram quelques minutes plus tôt, accompagnant son court message du drapeau ukrainien bleu et jaune.

L'armée ukrainienne avait annoncé dans l'après-midi être "entrée" dans Kherson, dans le sud de l'Ukraine.

Dans son allocution quotidienne, Volodymyr Zelensky a précisé que l'armée ukrainienne "est actuellement à la périphérie de la ville". "Mais des unités spéciales sont déjà dans la ville", a-t-il indiqué.

Le président ukrainien a enfin salué le courage des habitants de Kherson qui ont vécu sous occupation russe depuis mi-mars: "Ils n'ont jamais abandonné l'Ukraine", a-t-il dit.

Scènes de liesse à Kyiv et Kherson

Sur la place Maïdan, au centre de Kiev, quelques dizaines d'habitants de Kherson se sont retrouvés vendredi soir pour célébrer la libération de leur ville du sud du pays, première scène de véritable liesse populaire dans la capitale en près de neuf mois de guerre.

Enroulés dans des drapeaux, faisant sauter des bouchons de champagne et entonnant en se serrant dans les bras l'hymne ukrainien, les habitants de Kherson, partis au début de l'occupation russe de leur ville en mars se sont spontanément retrouvés dès 19h00 sur l'emblématique place nationale de Maïdan, pour célébrer ensemble l'évènement.

À Kherson, les soldats ukrainiens entrant dans la ville ont été accueillis en héros. Sur une vidéo filmée par l'un d'eux, on peut voir une jeune femme dans la campagne crier "Gloire à l'Ukraine!" et envoyer des baisers en direction de la voiture de militaires.

Sur une autre vidéo, de dizaines de civils accueillent la voiture avec des applaudissements et des bouquets, aux cris de "Nos sauveteurs!", près d'un arrêt de bus sur lequel flotte le drapeau national bleu et jaune.

Sur place, le danger reste toutefois omniprésent selon des soldats ukrainiens interrogés par l'AFP, qui craignent les mines posées par les Russes avant leur départ et des munitions non explosées, pouvant se déclencher à tout moment.

Plus tôt vendredi, le ministère russe de la Défense avait annoncé avoir achevé à 05H00 de Moscou "le redéploiement" de ses unités de la rive droite (occidentale) du fleuve Dniepr, où se trouve Kherson, vers la rive gauche, assurant n'avoir subi aucune perte, ni abandonné de matériel militaire.

Triple repli russe, camouflet pour Vladimir Poutine

Ce repli est le troisième d'ampleur depuis le début de l'invasion le 24 février, la Russie ayant dû renoncer au printemps à prendre Kiev, avant de devoir abandonner la quasi-totalité de la région de Kharkiv (nord-est) sous la pression de l'armée ukrainienne en septembre.

Selon le ministère russe de la défense, "plus de 30 000" soldats russes et "près de 5 000 unités d'armements et de véhicules militaires ont été retirés" de la rive occidentale du Dniepr.

Ce repli a toutefois tout du camouflet, Vladimir Poutine ayant revendiqué fin septembre l'annexion de quatre régions ukrainiennes, dont celle de Kherson. En dépit de cette retraite, la zone reste "un sujet de la Fédération de Russie", a affirmé vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

"Il ne peut y avoir aucun changement", a-t-il ajouté dans le premier commentaire de la présidence russe sur ce repli.

Le camouflet est d'autant plus fort que Vladimir Poutine avait ordonné le 21 septembre la mobilisation de quelque 300 000 réservistes pour consolider justement les lignes russes en difficulté.

L'agence de presse d'Etat Ria Novosti a diffusé des images filmées de nuit de véhicules militaires russes quittant Kherson, indiquant qu'ils empruntaient le pont Antonivsky enjambant le fleuve Dniepr.

Plusieurs correspondants russes ont indiqué ensuite, images à l'appui, qu'une partie du viaduc avait été dynamitée pour entraver la progression des troupes ukrainiennes.

L'Ukraine avait pilonné des semaines durant ce pont avec son artillerie, sans pouvoir pour autant le détruire, pour couper les lignes d'approvisionnements russes et forcer Moscou au repli.