Ukraine: Wagner reste à Bakhmout, attaque de drones sur Kiev

Photo diffusée le 6 mai 2023 par le Comité d'enquête russe, d'un véhicule retourné sur le toit et endommagé par une explosion dans laquelle l'écrivain nationaliste russe Zakhar Prilépine a été blessé, dans la région de Nijni Novgorod
Photo diffusée le 6 mai 2023 par le Comité d'enquête russe, d'un véhicule retourné sur le toit et endommagé par une explosion dans laquelle l'écrivain nationaliste russe Zakhar Prilépine a été blessé, dans la région de Nijni Novgorod

Le groupe paramilitaire Wagner a annoncé dimanche avoir eu "la promesse" de Moscou qu'il recevrait plus de munitions pour continuer à combattre dans la ville ukrainienne de Bakhmout, après avoir menacé de s'en retirer.

Dans la nuit de dimanche à lundi, Kiev a été la cible d'attaques de drones, selon l'administration militaire de la ville, qui a fait état de cinq blessés et de débris de drones ayant causé des dégâts dans plusieurs parties de la capitale.

Selon le commandement aérien de l'Ukraine, 35 drones russes ont été abattus.

La région d'Odessa a aussi été visée dans la nuit, selon l'administration militaire régionale.

"Un missile X-22 a touché une infrastructure logistique (un entrepôt stockant des aliments) (...) provoquant un grave incendie", a précisé la même source.

En pleine crainte d'une contre-offensive ukrainienne, l'administration russe en Crimée a affirmé dimanche avoir repoussé une attaque nocturne d'une dizaine de drones, qu'elle a attribuée à l'Ukraine, sur la ville portuaire de Sébastopol, le port d'attache de la flotte en russe en mer Noire.

Selon Moscou, les drones ont été neutralisés par la défense anti-aérienne et des brouillages électroniques.

"Aucune infrastructure dans la ville n'a subi de dégâts", a affirmé Mikhaïl Razvojaïev, le gouverneur de la ville.

Depuis l'été 2022, la péninsule annexée par Moscou en 2014 est régulièrement frappée par des attaques de drones. Fin avril, l'une d'entre elles a provoqué un immense incendie dans un dépôt de pétrole à Sébastopol.

Dans un contexte de menace de plus en plus perceptible d'une contre-offensive ukrainienne, le patron du groupe Wagner, Evguéni Prigojine, avait menacé vendredi, dans une vidéo incendiaire à l'égard de la haute hiérarchie militaire, de retirer ses mercenaires de Bakhmout, épicentre des combats dans l'est, s'ils ne recevaient pas plus de munitions.

"Cette nuit, nous avons reçu un ordre de combat (...). On promet de nous donner toutes les munitions et les armements dont on a besoin pour poursuivre les opérations", a-t-il finalement annoncé dimanche dans un message audio.

- Intenses bombardements -

La bataille pour Bakhmout dure depuis l'été dernier dans cette localité à la valeur stratégique limitée mais qui a pris un grand poids symbolique, à fortiori à la veille des célébrations à Moscou le 9 mai de la victoire soviétique de 1945 sur l'Allemagne nazie, un des piliers du narratif militariste du pouvoir russe.

Les troupes de Wagner ont lancé des vagues d'assaut extrêmement meurtrières contre Bakhmout, transformée en un champ de ruines et désormais contrôlée, selon M. Prigojine, à environ 95% par ses troupes.

Mais l'armée ukrainienne dit toujours s'y défendre avec acharnement. "L'ennemi ne va pas changer ses objectifs et fait tout pour contrôler Bakhmout", a commenté le général Oleksandr Syrsky, commandant des forces terrestres ukrainiennes, cité dimanche par le ministère de la Défense après une visite sur le front dans l'Est.

Selon M. Syrsky, la Russie regroupe ses forces dans la zone ces derniers jours et a intensifié ses bombardements avec des armes lourdes.

"Cela fait un mois que c'est difficile (...) il y a eu des jours où il y avait 100 blessés, et d'autres où il y en avait 50 à 60 (...) Tout dépend de ce qui se passe à Bakhmout", a expliqué vendredi à l'AFP Volodymyr Pihoulevskiï, un chirurgien de 38 ans, membre de l'équipe soignante ukrainienne.

"Nous avons eu beaucoup de pertes. Nous étions 124 combattants au début de la guerre, nous sommes moins de 80", a rapporté pour sa part Denis, 25 ans, blessé à l'épaule, membre d'une unité de parachutistes.

- L'AIEA inquiète -

Les autorités d'occupation russes ont annoncé vendredi des évacuations partielles dans 18 localités occupées de la région ukrainienne de Zaporijjia (sud).

Dimanche, le responsable de l'administration d'occupation locale, Evguéni Balitski, a affirmé sur Telegram que plus de 1.500 personnes avaient déjà été évacuées.

Ces évacuations concernent notamment la ville d'Energodar, où vivent la majorité des employés de la centrale nucléaire de Zaporijjia.

Mais une évacuation des employés de la centrale nucléaire, dont les six réacteurs sont à l'arrêt, n'est pour l'heure pas prévue, a annoncé samedi Iouri Tchernitchouk, directeur du site nommé par les autorités russes.

Samedi, le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi s'est inquiété d'une situation "de plus en plus imprévisible et potentiellement dangereuse" autour de la centrale.

L'AIEA a alerté une nouvelle fois sur le risque d'un "grave accident nucléaire", alors même que la centrale, occupée par les militaires russes, est au centre d'une zone extrêmement stratégique pour la contre-offensive ukrainienne en direction de la Crimée.

bur/lpt/fjb/nzg/chv