En Ukraine, la Russie bombarde Kiev et plusieurs villes après son retrait de Kherson

La Russie a bombardé Kiev et d’autres villes ukrainiennes, quelques jours après la libération de Kherson (Photo d’illustration : à Moshchun, dans la région de Kiev, en septembre).
SERGEI CHUZAVKOV / AFP La Russie a bombardé Kiev et d’autres villes ukrainiennes, quelques jours après la libération de Kherson (Photo d’illustration : à Moshchun, dans la région de Kiev, en septembre).

UKRAINE - La capitale et d’autres villes ukrainiennes ont été touchées ce mardi 15 novembre par de nouvelles frappes russes, les premières depuis mi-octobre, quelques jours après une humiliante retraite des forces de Moscou dans le sud du pays et en plein sommet du G20 en Indonésie.

Les sirènes d’alerte de la défense antiaérienne ont retenti dans toute l’Ukraine peu avant 15 h 30 (14 h 30 à Paris). Quelques minutes plus tard, des explosions ont été entendues à Kiev, Lviv (ouest) et Kharkiv (nord-est). Après ces bombardements, l’électricité a été coupée dans plusieurs régions du pays, ont indiqué les autorités ukrainiennes.

« Attaque sur la capitale : selon des informations préliminaires, deux immeubles résidentiels ont été touchés dans le district de Petchersk. Plusieurs missiles ont été abattus par la défense aérienne au-dessus de Kiev », a indiqué peu après sur Telegram le maire, Vitali Klitschko.

Un responsable de l’administration présidentielle ukrainienne a publié une vidéo montrant un immeuble de cinq étages en flammes.

D’autres villes ont été visées ailleurs dans le pays. Dans le nord-est, « attaque au missile contre le district d’Industrialniï à Kharkiv », a indiqué sur Telegram Igor Terekhov, maire de la deuxième ville d’Ukraine. Et dans l’ouest, « des explosions se font entendre à Lviv. Restez tous à l’abri ! », a exhorté sur Telegram son homologue de Lviv, Andriï Sadovy, qui a précisé qu’« une partie de la ville (était) sans électricité ».

Aucun bilan n’a été rendu public dans l’immédiat.

De précédentes frappes après la destruction du pont de Crimée

Les précédentes frappes ayant visé la capitale ukrainienne remontent au 10 et 17 octobre, et avaient avant tout visé, comme ailleurs dans le pays, les infrastructures énergétiques ukrainiennes, afin de priver la population d’électricité à l’approche de l’hiver.

À l’époque, Moscou avait justifié ces frappes « massives » par la destruction partielle du pont reliant la Russie à la péninsule de Crimée, annexée par Moscou en 2014.

Cette fois-ci, les frappes ont visé Kiev quatre jours après l’humiliant retrait des forces russes du nord de la région de Kherson, dont sa capitale éponyme, après près de neuf mois d’occupation. Le Kremlin a dû s’y résoudre du fait d’une contre-offensive ukrainienne galvanisée par les armes livrées par les Occidentaux. Il avait déjà dû se replier du nord du pays au printemps, puis du nord-est en septembre.

Moscou ne donne aucun signe de vouloir cesser ses attaques

« La Russie répond au puissant discours de Volodymyr Zelensky au G20 par une nouvelle attaque au missile », a dénoncé mardi le chef de cabinet de la présidence ukrainienne, Andriï Iermak, sur Twitter. « Est-ce que quelqu’un pense sérieusement que le Kremlin veut vraiment la paix ? Il veut l’obéissance. Mais au bout du compte, les terroristes perdent toujours », a-t-il ajouté.

Sur le front diplomatique, les dirigeants de nombreux pays du G20, qui réunit les plus grandes puissances économiques de la planète, ont tenté d’accentuer la pression sur la Russie pour qu’elle mette fin à sa guerre. Mais Moscou, qui y avait dépêché son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov en Indonésie, le président russe Vladimir Poutine n’ayant pas voulu faire le déplacement, n’a donné aucun signe de vouloir cesser ses attaques.

Le ministre russe a accusé l’Ukraine d’empêcher la tenue de négociations de paix en réclamant que les troupes russes quittent son territoire. « Tous les problèmes proviennent de la partie ukrainienne qui refuse catégoriquement des négociations et avance des revendications manifestement irréalistes », a-t-il déploré.

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