Ukraine: des reporters de BFM à Kharkiv racontent comment ils ont échappé à un bombardement

·3 min de lecture
Des pompiers tentent d'éteindre un incendie causé par une frappe à Kharkiv, le 17 avril 2022.  (Photo: via Associated Press)
Des pompiers tentent d'éteindre un incendie causé par une frappe à Kharkiv, le 17 avril 2022. (Photo: via Associated Press)

Des pompiers tentent d'éteindre un incendie causé par une frappe à Kharkiv, le 17 avril 2022. (Photo: via Associated Press)

UKRAINE - Dans leur chambre d’hôtel de Dnipro, ils sont souriants et semblent apaisés ce dimanche 17 avril. Pourtant quelques heures plus tôt, les deux journalistes de BFMTV David Bouteiller et Clémence Dibout étaient à Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, et ont échappé de peu à un bombardement.

Pendant ce moment de panique, la caméra de David Bouteiller a continué à tourner. Les images ont été diffusées dimanche soir lors d’une émission consacrée aux reporters actuellement en Ukraine. Dans la vidéo, la caméra bouge dans tous les sens. Puis Clémence Dibout apparaît, gilet pare-balles et casque sur la tête. Elle installée au volant d’une voiture dans une rue déserte de Kharkiv. La tension est palpable.

David Bouteiller, installé à côté d’elle avec la caméra entre les mains, demande où est leur fixeur, la personne qui aide les journalistes sur le terrain en fournissant des contacts et servant parfois d’interprète. La panique et la terreur se ressentent alors dans la voix de Clémence Dibout. “Hein? Merde, il est où?”, s’alarme-t-elle, constatant que l’homme n’est plus dans le véhicule. “Bouge, bouge, bouge. Attends, calme-toi”, tente de la rassurer David Bouteiller. L’extrait se termine.

Un sifflement puis une explosion

À l’antenne, les deux journalistes retracent les événements. “On avait vu la première frappe, donc on s’est rendu sur place, on s’est approché” pour préparer un direct, explique le cameraman. “Le problème, c’est qu’il y en avait une deuxième qui arrivait trois ou quatre minutes plus tard, poursuit-il. On s’est approché, on entend le sifflement (de la roquette) et là il faut faire très vite. On est dans la voiture, il faut faire demi-tour. Avec le sifflement, on entend que ça va tomber quasiment au même endroit. Et là on entend un bruit sourd, une explosion.”

Avec le recul, Clémence Dibout dit s’en vouloir. “J’ai d’abord demandé à David s’il avait tout filmé”, avoue-t-elle, avant de préciser que le fixeur avait été retrouvé sain et sauf. “Le fait qu’on vive ça en soi, ça n’a pas d’intérêt”, remarque-t-elle. “On laisse la caméra allumée pour comprendre ce que la population à Kharkiv peut ressentir tous les jours (...). C’est important pour montrer comment c’est de l’intérieur, pour des Ukrainiens qui doivent décider dans l’heure s’ils doivent partir ou non.”

La frappe à laquelle ils ont échappé aurait fait cinq morts selon le gouverneur de la région, précise encore la reporter. Kharkiv, deuxième ville d’Ukraine, est l’une des villes les plus touchées par les bombardements depuis le début de la guerre le 24 février et encore plus depuis que le nouvel objectif de Vladimir Poutine est la prise de la région du Donbass. Malgré tout, Kharkiv reste pour l’instant entre les mains des Ukrainiens.

À voir également aussi sur le Huffpost: Kiev libérée mais l’Ukraine découvre les massacres de Boutcha

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

LIRE AUSSI:

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles