Ukraine : "attaque massive" russe contre des installations énergétiques dans plusieurs régions

Une "attaque massive" russe a eu lieu ce lundi matin contre des installations énergétiques dans plusieurs régions d'Ukraine, privant d'eau 80% des consommateurs de la capitale Kiev et laissant "des centaines de localités" sans électricité.

"Des centaines de localités dans sept régions d'Ukraine ont été privées d'électricité à la suite de frappes "massives" russes ce lundi matin, a ainsi indiqué le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal sur Telegram. Ces frappes interviennent deux jours après une attaque sur la flotte russe en Crimée, que Moscou a imputée à Kyiv avec l'aide de Londres.

"Les terroristes russes ont de nouveau attaqué massivement l'Ukraine. Leurs cibles ne sont pas pas les installations militaires, mais des infrastructures essentielles civiles", a lancé Denys Chmygal.

"Des missiles et des drones ont touché dix régions, endommageant 18 installations, la plupart liées (au système) énergétique", a le Premier ministre ukrainien.

L'armée ukrainienne a, elle, fait état de "plus de 50 missiles de croisière" lancés ce lundi sur le pays.

⚡️ ЗБИТО 44 ІЗ ПІВСОТНІ РАКЕТ ОКУПАНТІВ! 🚀🚀🚀 О 07.00 31 жовтня російські окупанти здійснили кілька хвиль ракетних атак...

Posted by Командування Повітряних Сил ЗСУ / Air Force Command of UA Armed Forces on Monday, October 31, 2022

"_Plus de 50 missiles de croisière de type X-101/X-555 ont été lancés à l'aide d'avion_s" de type Tu-95 et Tu-160 depuis le nord de la mer Caspienne et de la région russe de Rostov, a ainsi indiqué l'armée de l'air ukrainienne, qui a assuré avoir détruit la majorité de ces missiles avant qu'ils n'atteignent leurs objectifs.

La Moldavie a indiqué que les débris d'un missile russe abattu par les forces ukrainiennes sont tombés ce lundi sur un village frontalier de l'Ukraine. Chisinau a fait état de dégâts matériels mais pas de victime dans l'immédiat.

"Un missile abattu par la défense anti-aérienne ukrainienne est tombé à l'extrémité nord de la localité de Naslavcea en République de Moldavie, près de la frontière avec l'Ukraine" au nord, a ainsi déclaré le ministère moldave de l'Intérieur dans un communiqué.

Une partie de Kyiv sans eau et sans électricité

Des quartiers de Kyiv étaient privés d'électricité et d'eau ce lundi matin, "à la suite de frappes russes" sur la capitale ukrainienne, a indiqué le maire de la ville Vitaly Klitschko.

"Une partie de Kyiv sans électricité et dans certaines zones sans eau, à la suite des frappes russes", a-t-il déclaré sur la messagerie Telegram.

Vitaly Klitschko a précisé que des équipes de spécialistes avaient été envoyées pour réparer des installations électriques qui alimentent "environ 350 000 logements", ajoutant plus tard que "80% des foyers de la capitale" étaient privés d'eau.

Plusieurs explosions avaient été entendues ce lundi matin dans la capitale ukrainienne, trois jours après une attaque sur la flotte russe en Crimée, que Moscou a imputée à l'Ukraine avec l'aide de Londres.

Des journalistes de l'AFP présents dans la capitale ukrainienne ont ainsi fait état d'au moins cinq explosions entre 8h et 8h20 (6h et 6h20 GMT).

Kyiv avait déjà été frappée les 10 et 17 octobre notamment par des drones russes de fabrication iranienne.

Ces frappes avaient déjà touché des infrastructures énergétiques de la capitale, entraînant des coupures d'électricité ces derniers jours.

Samedi matin, une attaque de drones massive a visé des navires militaires et civils de la flotte russe de la mer Noire stationnés dans la baie de Sébastopol, en Crimée annexée.

Une nouvelle crise des céréales se profile

A la suite de cette attaque, la Russie a suspendu l'accord sur les exportations de céréales des ports ukrainiens, vitales pour l'approvisionnement alimentaire mondial. L'armée russe a assuré ce dimanche que cette attaque avait été menée par les forces de Kyiv qui auraient utilisé la zone sécurisée vouée au transport des céréales ukrainiennes.

D'après Kyiv, les exportations de céréales sont devenues "impossibles" du fait du blocus réinstauré par la Russie après sa sortie de l'accord permettant leur acheminement.

La Turquie et les Nations unies sont engagées dans une nouvelle série de négociations intenses pour tenter de sauver l'accord sur les exportations de céréales.

Exprimant son inquiétude, le patron de l'ONU António Guterres, a été obligé de reporter sa participation à un sommet de la Ligue arabe pour tenter de relancer l'accord.

L'accord, entré en vigueur le 1er août et qui arrive à échéance le 19 novembre, a permis d'exporter depuis les ports ukrainiens plus de 9,5 millions de tonnes de céréales et autres produits agricoles.

Tandis que la Russie a été autorisée à exporter des denrées alimentaires et des engrais, ce qui a contribué à faire baisser leur prix de 15 % par rapport au pic de mars.

Les Nations unies, l'Union européenne et les États-Unis ont tous exhorté la Russie à revenir sur sa décision, alors que les craintes d'une crise alimentaire mondiale se renforcent.

Mais en dépit du retrait de la Russie, deux cargos chargés de céréales ont quitté ce lundi les ports ukrainiens et emprunté le corridor maritime humanitaire à destination de la Turquie, selon le site spécialisé Marine traffic.

Douze cargos doivent quitter ce 31 octobre les ports d'Ukraine et quatre autres se diriger vers eux, dont l'un, sous pavillon turc, a déjà pris la mer, a précisé le Centre de coordination conjointe (JCC), chargé de superviser l'accord sur les exportations de céréales ukrainiennes via la Mer Noire.