Ukraine: une psychothérapeute dans la guerre

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En Ukraine, le conflit qui dure charrie son lot de malheurs. Les exactions, les bombardements ont déchiré d’innombrables familles et poussé nombre d’entre elles sur les routes pour fuir les combats. À Dnipro, on accueille depuis des semaines celles issues du Donbass. Là-bas, une psychologue volontaire Anna Gorodnichenko écoute leurs traumatismes.

De nos envoyées spéciales à Dnipro,

C’est dans un lieu tout juste inauguré et vide à cause de la fête de Pâques que nous accueille Anna Gorodnichenko... Des jouets jonchent le sol, au mur, des dessins d’enfants… mais aussi d’adultes. Car si les parents amènent leur progéniture en priorité dans ce centre, nous confie la psychothérapeute, les adultes craquent aussi quand on leur pose une question : d’où venez-vous ?

« Même s'ils arrivent ici, où il n’y a pas de combats, où la vie est pour ainsi dire normale, ils sont toujours chez eux dans leur tête. En session de groupe, ils peuvent s’interrompre pour regarder leur téléphone, car ils ont reçu une alerte concernant leur région. Regardez ma maison a été prise par les Tchétchènes. Il faut essayer de faire en sorte qu’ils se concentrent sur leur présent, leur environnement actuel, là où ils peuvent agir, construire une vie normale ici, pour leurs enfants. Et se concentrer sur ce qu’ils peuvent faire maintenant », nous explique Anna Gorodnichenko.

Stress post-traumatiques, crises de panique, les troubles bien connus des victimes de la guerre touchent de plein fouet ces nouveaux arrivés.

Mais les habitants de Dnipro qui entendent la guerre se rapprocher ne sont pas épargnés non plus, explique Anna Gorodnichenko :« Les gens de Dnipro sont là, dans une relative paix. Mais ils regardent tout ce qui se passe à leurs portes et ils ont peur de ce qu’il leur arrivera demain, peur que tout ça leur arrive à eux aussi. Ils n’envisagent pas plus le futur que les déplacés. Et leur stress est permanent à cause de ce qui pourrait arriver. La guerre est tout près. »

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