Ukraine: la présidence vandalisée à l’issue d’une manifestation pour la réforme de la justice

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Dans la nuit de samedi à dimanche 21 mars à Kiev, alors que des manifestants radicaux ont vandalisé la façade du bâtiment de la présidence, des échauffourées se sont déroulées à la fin d’une manifestation de soutien à un nationaliste emprisonné.

Avec notre correspondant à Kiev, Stéphane Siohan

Le cas individuel de Serhiy Sternenko cristallise depuis des semaines un mouvement bien plus général dans la société, demandant une réforme profonde d’un système judiciaire totalement corrompu et politisé. Seulement, samedi soir, la société civile et les libéraux se sont laissé déborder par les nationalistes radicaux, qui cette fois s’en sont pris à un bâtiment des institutions.

Ils étaient plusieurs centaines à manifester dans la rue Bankova, le siège de la présidence ukrainienne, pour réclamer la libération de Serhiy Sternenko, un militant ultra-nationaliste d’Odessa, condamné à 7 ans de prison, mais aussi pour réclamer le départ de la procureure générale d’Ukraine, Irina Venediktova, et dénoncer l’emprise sur l’appareil judiciaire actuel, de personnalités de l’ancien régime Ianoukovitch.

Slogans anti-système et anti-police

En fin de meeting, des nationalistes radicaux ont joué des coudes, ils ont tagué la façade de la présidence avec des slogans anti-police et anti-système, et ils ont tenté de mettre le feu à la porte du bâtiment ainsi qu’à des fenêtres, alors que des fumées ont pénétré dans la présidence.

La corruption des tribunaux et l’injustice tout court, sont la préoccupation majeure des Ukrainiens, et le combat pour une réforme en profondeur du secteur judiciaire est porté par le courant libéral, démocrate, et les activistes anti-corruption.

Seulement, de manière récurrente, l’extrême-droite nationaliste se niche dans ces revendications portées par la majorité, en imposant ses méthodes et sa violence, qui eux sont minoritaires.

Les activistes libéraux et démocrates ont longtemps refusé de se pencher sur ce voisinage dérangeant, certains estimant que la fin justifie les moyens. mais ce dimanche ils se réveillent avec la gueule de bois, alors que leur manifestation pour la justice s’est terminée par une atteinte à un symbole de l’État.