Ukraine: polémique après la contamination du médecin en chef, malgré une dose d’AstraZeneca

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Une nouvelle polémique sur le vaccin AstraZeneca a atteint l’Ukraine. Le médecin en chef du pays a annoncé lundi 15 mars avoir le coronavirus, alors qu’il attendait sa seconde dose. Si les vaccins actuels ne protègent pas de la maladie, mais atténuent sa gravité et ne sont efficaces qu’après la seconde injection, l’incident tombe très bien pour le mouvement anti-vaccin ukrainien, très fort. En plus des déboires d’AstraZeneca ailleurs en Europe, la fragile campagne de vaccination est à mal.

Avec notre correspondant à Kiev, Stéphane Siohan

Le 2 mars dernier, Viktor Liashko, le médecin en chef de l’État ukrainien, avait reçu sa première dose d’AstraZeneca devant les caméras, afin de prouver à ses concitoyens l’utilité et l’inoffensivité du vaccin.

Puis le 15 mars, soit treize jours après la première inoculation, le fringant médecin très médiatique poste sur Facebook un test positif au Covid-19. Cela pile au moment où l’Allemagne suspend à titre préventif AstraZeneca.

Immédiatement, les anti-vaccins passent à l’attaque, dans un pays où 60% de la population refuse le moindre vaccin. Cela même si ce dernier était gratuit.

Le problème est que l’Ukraine ne dispose que d'un demi-million de doses d’AstraZeneca, fabriquées en Inde, sous l’appellation Covishield. En 20 jours, seulement 53 000 Ukrainiens ont été vaccinés.

35% des personnels hospitaliers refusent la vaccination, un autre tiers n’arrive pas à se prononcer, et les politiques soufflent inconsciemment sur les braises. Comme l’ancien président Petro Porochenko, qui n’a de cesse de vilipender ce qu’il appelle le « vaccin indien », ou le « vaccin de merde », selon ses propres mots.

L’Ukraine n’a aucun plan B pour le moment, et les déboires actuels de l’AstraZeneca en Europe pourraient mettre à mal une campagne déjà bien mal engagée. Pour rappel, l'Ukraine est le seul pays en Europe à avoir interdit officiellement toute adoption du vaccin russe Spoutnik V.

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