Ukraine : Moscou et Kyiv s'accusent mutuellement pour le bombardement de la prison d'Olenivka

Moscou et Kyiv s'accusent mutuellement des frappes sur la prison d'Olenivka située dans un territoire séparatiste de l'est de l'Ukraine. Plus de 50 prisonniers ukrainiens seraient morts dans l'attaque de ce vendredi.

Alors que l'armée russe a accusé Kyiv d'avoir organisé le bombardement, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié l'attaque de "crime de guerre russe délibéré".

"J’ai reçu aujourd’hui des informations sur l’attaque des occupants contre Olenivka, dans la région de Donetsk. C’est un crime de guerre russe délibéré, un meurtre de masse délibéré de prisonniers de guerre ukrainiens. Il y a eu plus de 50 morts. Lorsque les défenseurs d'Azovstal" ont quitté l'usine, l'ONU et le Comité international de la Croix-Rouge s'étaient engagés à protéger nos soldats", a expliqué le dirigeant ukrainien.

Accusation de Moscou

Dans un premier temps, c'est Moscou qui avait mis en cause Kyiv. Le Comité d'enquête russe a accusé les forces ukrainiennes d'avoir "tiré sur la prison où sont détenus les membres du bataillon Azov, utilisant des projectiles américains du système Himars".

Le régiment Azov s'était illustré dans la défense de Marioupol (sud-est). Après de longues semaines de siège et de résistance sur le site sidérurgique d'Azovstal, quelque 2 500 combattants ukrainiens s'étaient rendus en mai à l'armée russe. Moscou avait fait savoir qu'ils seraient incarcérés à Olenivka.

"Cette provocation scandaleuse vise à effrayer les soldats ukrainiens et à les dissuader de se rendre", a assuré le ministère russe de la Défense.

Kyiv : "L'attaque a été réalisée par des mercenaires de la division Wagner"

Mais l'Ukraine a ensuite très vite démenti avoir visé des infrastructures civiles ou des prisonniers de guerre, assurant que l'armée "adhère pleinement aux principes et aux normes du droit international humanitaire".

L'état-major ukrainien a estimé qu'il s'agissait ainsi d'"accuser l'Ukraine d'avoir commis des crimes de guerre" et de "camoufler les tortures de prisonniers et les exécutions" qui y ont été "perpétrées".

Selon le renseignement ukrainien, l'attaque "a été réalisée par des mercenaires de la division Wagner" et "n'a pas été coordonnée avec la direction" du ministère russe de la Défense, a ensuite précisé l'état-major ukrainien.

La télévision publique russe a de son côté diffusé des images présentées comme celles de baraquements carbonisés et d'armatures de lits en métal détruits. Elle a montré des images floutées de ce qui semble être des corps humains.

De son côté, l'Union européenne a condamné "avec la plus grande fermeté les atrocités commises par les forces armées russes et leurs supplétifs", dans un communiqué de son chef de la diplomatie visant à la fois le bombardement de la prison et des accusations de torture sur un prisonnier ukrainien.

"Ces actes inhumains et barbares constituent de graves violations des conventions de Genève et de leur protocole additionnel et s'apparentent à des crimes de guerre", a ajouté Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l'UE.

Le bilan humain augmente

Toujours sur le terrain des opérations militaires, au moins cinq personnes ont été tuées et sept blessées dans une frappe russe qui a touché un arrêt de bus dans la région de Mykolaïv (sud de l'Ukraine), selon le gouverneur régional Vitaly Kim.

Et au moins huit personnes, selon la présidence ukrainienne, ont péri et 19 ont été blessées ces dernières 24 heures dans la région de Donetsk, en partie contrôlée depuis 2014 par des séparatistes prorusses et que Moscou cherche à conquérir en totalité.

Dans la région de Kharkiv (nord-est), au moins une personne a été tuée et sept autres blessées.

Exportations imminentes de céréales

Concernant les céréales bloquées en Ukraine depuis le début de la guerre, les exportations pourraient reprendre "dans les prochains jours", selon Kyiv.

Le président Volodymyr Zelensky s'est rendu vendredi dans le port de Tchornomorsk, sur la mer Noire, pour superviser un premier chargement de céréales sur un navire turc, aux termes de l'accord trouvé le 22 juillet avec la Russie.

"Nous sommes pleinement préparés. Nous avons envoyé tous les signaux à nos partenaires, à l'ONU et à la Turquie et nos militaires garantissent la situation sécuritaire", a déclaré M. Zelensky. Kyiv n'attend qu'un "signal" de la part d'Ankara et de l'ONU, garants de l'accord, pour "commencer", a-t-il souligné.

Selon le ministère ukrainien des Infrastructures, 17 navires ont déjà été chargés de céréales à Tchornomorsk et à Odessa, et dix sont prêts à partir.

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