Ukraine: un ministre tué dans le crash d'un hélicoptère près d'une école

Le ministre ukrainien de l'Intérieur Denys Monastyrsky a été tué mercredi près de Kiev dans le crash de son hélicoptère qui a fait au moins 18 morts dont trois enfants, alors qu'il se rendait sur la ligne de front en pleine guerre avec la Russie.

"Le but de ce vol (était d'aller) vers l'un des points chauds de notre pays où se déroulent les combats. Le ministre de l'Intérieur s'y rendait", a déclaré Kyrylo Timochenko, le chef-adjoint du cabinet de la présidence, à la télévision ukrainienne.

Selon un message du gouverneur de la région, Oleksiï Kouleba, sur Telegram "il y a aussi 29 blessés, dont 15 enfants", ce qui fait craindre un bilan encore plus lourd.

Le président Volodymyr Zelensky a qualifié le crash de "terrible tragédie", ajoutant qu'il avait demandé une enquête à la police nationale sur les circonstances du drame.

La mort du ministre est "une grande perte", a estimé sur Telegram le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a déploré sur Tiwtter le décès d'"un grand ami de l'UE".

Sur des images circulant sur les réseaux sociaux, on pouvait voir les restes de l'hélicoptère mélangés à des débris, près d'une voiture détruite sous le poids du métal. Des pompiers et des policiers étaient sur les lieux, selon une équipe de l'AFP.

Outre Denys Monastyrsky, 42 ans, son premier adjoint Ievgueni Ienine et le secrétaire d'État du ministère Youriï Loubkovytch figurent parmi les victimes. Ils se trouvaient à bord de l'appareil aux côtés de six autres personnes, a indiqué le chef de la police nationale ukrainienne dans un communiqué.

Ancien avocat de profession, le ministre était en poste depuis juillet 2021. Il était devenu en 2019 député à la Rada, le Parlement ukrainien, sous l'étiquette "Serviteur du peuple", le parti présidentiel.

Le crash a eu lieu à Brovary, une ville de quelque 100.000 habitants qui touche la banlieue Est de Kiev. Des combats importants y avaient opposé Ukrainiens et Russes au moment où les troupes de Moscou tentaient de forcer le verrou de la capitale dans les premières semaines de leur invasion débutée le 24 février 2022.

Au moment du drame, "des enfants et des employés" de l'école maternelle située près du lieu de l'accident se trouvaient sur place, a indiqué M. Kouleba.

- Nouvelle tragédie -

Selon des images publiées sur les réseaux sociaux, un énorme incendie s'est déclaré après la chute de l'hélicoptère, à proximité d'un immeuble résidentiel.

Aucune information sur la cause du drame n'a été dévoilée dans l'immédiat.

Selon M. Kouleba, "les circonstances" de cet accident sont "en cours d'élaboration".

L'appareil qui s'est écrasé appartenait au service d'Etat pour les situations d'urgence qui dépend du ministère de l'Intérieur, selon un porte-parole des forces aériennes ukrainiennes.

L'un des derniers accidents majeurs de ce type de ces dernières années en Ukraine remonte à septembre 2020 lorsque 26 personnes avaient péri dans le crash d'un Antonov-26 près de Kharkiv (Nord-Est).

Cette nouvelle tragédie intervient quatre jours après une frappe meurtrière à Dnipro, dans l'Est de l'Ukraine, imputée aux forces russes par les responsables ukrainiens.

Un missile avait ravagé samedi un immeuble résidentiel, faisant au moins 45 morts dont six enfants, un des bombardements les plus meurtriers depuis le début de l'invasion russe.

La plus jeune victime à Dnipro "avait 11 mois", a déploré mardi soir le chef-adjoint du cabinet de la présidence ukrainienne, Kyrylo Timochenko.

Sous les décombres, les secours ont extrait des blessés, mais aussi des corps sans vie, coincés sous d'énormes pans de bétons.

Cette nouvelle frappe sur une cible civile a provoqué une vive émotion parmi la population ukrainienne, alors que le pays lutte contre l'invasion russe depuis près de 11 mois, souvent dans des conditions très difficiles.

Emu, le président Zelensky a juré de traduire en justice "chaque personne coupable de ce crime de guerre", pointant directement l'armée russe comme responsable de ce carnage.

Moscou, de son côté, a nié fermement toute implication dans cette frappe sanglante, comme lors d'épisodes précédents.

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