Ukraine : l'UE accroît son aide militaire, Moscou suspend ses livraisons d'électricité à la Finlande

Les membres du G7 ont tenu à témoigner ce vendredi de leur soutien indéfectible à l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie. Le Royaume-Uni a demandé "plus d'armes" pour Kyiv et de nouvelles sanctions contre la Russie, et la France a assuré à le soutien du G7 à l'Ukraine "jusqu'à la victoire", à l'occasion d'une réunion des ministres des Affaires étrangères du groupe des Sept dans le nord de l'Allemagne

L'Union européenne a annoncé à l'occasion de cette réunion qu'elle allait fournir une aide militaire supplémentaire de 500 millions d'euros à l'Ukraine, portant ainsi son financement de l'effort militaire ukrainien "à 2 milliards d'euros au total".

Kyiv compte en tout cas beaucoup sur ce soutien. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a déclaré avoir demandé aux pays du G7 de confisquer des avoirs russes qui serviront à la reconstruction de son pays. Il a également mis en garde contre le nouveau train de sanctions contre la Russie : "Si ce paquet est adopté sans un embargo sur le pétrole, je crois que le président Poutine pourra faire la fête parce que cela sera la première fois que l'unité de l'Union européenne sera rompue à cause de la position d'un seul pays, la Hongrie", a-t-il déclaré.

Sur le sujet des sanctions, les 27 membres de l'UE n'ont en effet toujours pas réussi à se mettre d'accord pour arrêter progressivement leurs achats de pétrole russe, la Hongrie ayant jugé insuffisante la dérogation obtenue.

L'UE, un acteur "agressif et belliqueux" pour Moscou

De son coté, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, en déplacement au Tadjikistan, a accusé l'UE de s'être transformée en acteur "agressif et belliqueux" et a estimé que la volonté de Kyiv d'intégrer l'UE "n'était pas anodine." "L'Ukraine manifeste par tous les moyens ses ambition de devenir membre de l'Union européenne. Pourtant, le désir de Kiev suscite de sérieux doutes. Parce que l'UE est passée d'une plate-forme économique constructive, telle qu'elle a été créée, à un acteur agressif et belliqueux qui affiche déjà ses ambitions bien au-delà du continent européen."

Washington de son côté a repris la communication directe avec Moscou. Selon le Pentagone, le secrétaire américain à la Défense LLoyd Austin s'est entretenu ce vendredi avec son homologue russe Sergueï Choïgou. C'est une première depuis le début de l'invasion : "Le secrétaire américain a demandé avec insistance la fin du conflit en Ukraine et a souligné l'importance de maintenir la communication", a déclaré le porte-parole du Pentagone, John Kirby. Toutefois, selon un haut responsable du Pentagone, "l'appel en lui-même n'a résolu aucun problème aigu ou mené à des changements directs dans ce que les Russes font ou disent".

Sur le terrain, les combats se poursuivent

Sur le terrain, la guerre se poursuit et rien ne laisse présager une fin prochaine. L'Ukraine affirme avoir infligé une sévère défaite aux troupes russes dans leur tentative de traverser le fleuve Donets pour contrôler le sud du Donbass. Selon Kyiv, en quatre jours, l'armée russe a perdu plus de 70 unités d'équipement et deux bataillons d'infanterie avec des ingénieurs.

Les combats se poursuivent par ailleurs dans l'est entre forces russes et armée ukrainienne, notamment à Marioupol, la grande ville portuaire du sud-est où résistent encore un millier de soldats ukrainiens retranchés dans les entrailles de l'usine sidérurgique Azovstal. "Il y a près de 600 blessés sur Azovstal, les Russes continuent de bombarder l'hôpital militaire", a témoigné depuis l'usine Sviatoslav Palamar, le commandant adjoint du régiment Azov, une des formations ukrainiennes qui s'y trouvent, lors d'une conférence en ligne.

"Nous allons résister tant que nous pourrons (...), si on ne l'avait pas fait, cette horde irait plus loin", a-t-il ajouté. Les efforts internationaux, jusqu'à ceux du pape François, se sont révélés infructueux jusqu'à présent pour sauver les soldats ukrainiens retranchés dans cette ville à 90% détruite par les bombardements russes.

La Russie suspend ses livraisons d'électricité à la Finlande

La Russie a décidé ce vendredi de suspendre ses livraisons d'électricité au pays à partir de samedi en raison d'impayés. L'annonce intervient sur fond d'une montée de tensions entre Moscou et Helsinki, alors que la Finlande a annoncé sa volonté d'adhérer "sans délai" à l'Otan sous l'influence de l'offensive russe en Ukraine. La Russie a décidé de suspendre ses livraisons d'électricité au pays à partir de samedi en raison d'impayés.

Basé à Helsinki, RAO Nordic Oy n'a pas reçu de paiement pour l'électricité fournie à la Finlande depuis le 6 mai, a affirmé ce groupe dans un communiqué. "Cette situation est exceptionnelle et a lieu pour la première fois en plus de 20 ans", selon le communiqué. "Nous sommes donc obligés de suspendre l'importation d'électricité à partir du 14 mai", explique le fournisseur.

"Nous espérons que la situation va bientôt s'améliorer" et les livraisons en provenance de Russie reprendront, ajoute le groupe. L'entreprise n'a pas dit si ces problèmes de règlement étaient liés aux sanctions européennes visant l'économie russe après l'invasion de l'Ukraine.

L'intention de la Finlande de rejoindre l'Otan est en tout cas vue d'un très mauvais oeil par Moscou, qui a d'ores et déjà menacé d'une riposte "militaro-technique".

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