Ukraine, dans l'enfer de Severodonetsk

MATTHIAS BRUGGMANN

Depuis la chute de Marioupol, c’est sur cette ville du Donbass que s’acharne l’armée de Poutine: 4 000 obus quotidiens.

C’est un tonnerre qui ne s’arrête jamais. Il fait partie du décor, à longueur de jours et de nuits, et seule une variation d’intensité rappelle qu’il faut courir vers les abris. Mais, parfois, il est trop tard. Comme à l’école no 18. Quand l’obus a tapé l’étage, trois personnes qui étaient dans la cour n’ont pas eu le temps de rejoindre les sous-sols. Elles sont mortes où, quelques jours plus tôt, Valia, gamine bavarde d’une dizaine d’années, fière de ses boucles d’oreilles en or, avait été filmée racontant que la vie, bien sûr, était difficile à Severodonetsk , mais amusante aussi, avec tous les autres enfants réfugiés dans l’école…

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En montrant la file d’attente devant les barbecues improvisés qui donnaient à la cour de récré l’allure des fêtes de fin d’année, elle adoptait le discours d’une vieille philosophe : « Tout a un début et une fin, et tout ceci finira bientôt. Les choses redeviendront ce qu’elles doivent être, chacun retrouvera la place qui est la sienne, personne n’ira où il ne doit pas aller. » Ainsi parle une enfant de la guerre.

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Qu’est-elle devenue, Valia, dans cette musique ininterrompue qui annonce que la pince russe se resserre sur Severodonetsk comme le casse-noix sur la coque ? Matthias Bruggmann, photographe suisse de 44 ans, a enregistré ce bruit de percussion qui accompagne toute sortie dans ce qui est encore la capitale ukrainienne de l’oblast de Louhansk, à 30 kilomètres seulement de la frontière (non reconnue) d’une république autoproclamée qui revendique le même nom. Il a choisi de suivre un drôle de bataillon, un corps hétéroclite de(...)


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