Ukraine: le Kremlin avertit que la livraison d'armes longue portée à Kiev entraînerait une escalade

Des missiles longue portée américain ATACMS, réclamés par l'Ukraine, ici lors d'un exercice en Corée du Sud. - HANDOUT / SOUTH KOREAN DEFENCE MINISTRY / AFP
Des missiles longue portée américain ATACMS, réclamés par l'Ukraine, ici lors d'un exercice en Corée du Sud. - HANDOUT / SOUTH KOREAN DEFENCE MINISTRY / AFP

Le Kremlin a averti ce jeudi que la livraison à l'Ukraine par les Occidentaux d'armes longue portée (supérieure à 100km), capables de frapper le territoire russe en profondeur, entraînerait une aggravation dangereuse du conflit armé entre Kiev et Moscou. Les Ukrainiens réclament notamment des missiles américains ATACMS, ayant une portée de 300 km.

"C'est potentiellement très dangereux, cela signifierait que le conflit atteindrait un nouveau palier qui ne promettrait rien de bon pour la sécurité européenne", a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

Il évoquait la potentielle livraison d'"armes qui permettent de frapper le territoire russe" même si "l'Ukraine possède déjà des armes qu'elle utilise pour mener tous les jours des frappes sur le territoire russe", a-t-il ajouté. Dmitri Peskov réagissait à des propos de l'ambassadeur russe aux États-Unis, Anatoli Antonov, qui assurait que Moscou "détruirait" toute arme livrée par Washington ou l'Otan à l'Ukraine.

Demandes ukrainiennes rejetées jusqu'ici

L'Ukraine estime qu'avec des armes longues portées, elle pourrait "détruire toute l'infrastructure militaire de l'armée russe dans les territoires occupés, y compris dans le Donbass" et mettre fin à la guerre "probablement à l'automne", selon les mots de Mykhaïlo Podoliak, conseiller à la présidence ukrainienne.

Depuis le début du conflit, les Occidentaux ont refusé de livrer des missiles longue portée à Kiev, de peur d'entraîner une escalade. Moscou a toutefois accusé l'armée ukrainienne d'avoir mené des frappes de drones en Crimée annexée et sur des cibles en Russie à des centaines de kilomètres de la frontière ukrainienne, notamment en décembre contre l'aérodrome militaire russe d'Engels.

Les déclarations interviennent alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a critiqué jeudi les hésitations de Berlin à livrer des chars lourds, à la veille d'une réunion cruciale du groupe de contact pour l'Ukraine à Ramstein, en Allemagne, pour coordonner la poursuite de l'aide à Kiev.

Article original publié sur BFMTV.com