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Ukraine: Kharviv plongée dans le noir après des frappes massives russes

La ville de Kharkiv plongée dans l'obscurité après des bombardements russes massifs sur les infrastructures énergétiques, le 22 mars 2024 en Ukraine (Genya SAVILOV)
La ville de Kharkiv plongée dans l'obscurité après des bombardements russes massifs sur les infrastructures énergétiques, le 22 mars 2024 en Ukraine (Genya SAVILOV)

Kharkiv, la deuxième ville d'Ukraine, s'est retrouvée plongée dans l'obscurité totale vendredi à la nuit tombée, privée de courant depuis le matin après des bombardements russes massifs sur les infrastructures énergétiques.

Peu avant 20H00 dans les rues, seuls les phares des voitures illuminent furtivement la chaussée.

Sur les trottoirs sombres, de rares habitants encore dehors éclairent leurs pas avec la lampe de leur téléphone portable.

Aucune lumière n'apparaît aux fenêtres des immeubles d'habitation.

Seuls quelques restaurants et cafés, et aussi des pharmacies, sont ouverts et éclairés, grâce à des gros générateurs.

Dans une pharmacie près de la place centrale de Kharkiv, Nastia Volochyna et son petit ami sont venus recharger leur portable.

"Nous n'avons plus rien maintenant. Pas d'eau, pas de chauffage, pas d'électricité. Rien de rien", lâche l'étudiante de 19 ans.

"Nous sommes habitués aux bombardements, ils sont assez fréquents, (mais) il n'y avait pas eu de panne d'électricité depuis longtemps", explique son petit ami, Bogdan Kuriashiy, 21 ans.

"Je dirais même que nous n’étions pas préparés. Nous avions oublié ce que sont les batterie externe" pour portable, ajoute le jeune étudiant.

La pharmacienne, Svitlana Onnikova, explique que "les bombardements ont commencé vers 04h30. Il y a eu environ 20 explosions. La cible principale des frappes était les infrastructures électriques", dit-elle.

- "Horrible" -

"C'était vraiment un effondrement. Il n'y avait pas de réseau, impossible de commander un taxi. Horrible", ajoute la jeune femme de 25 ans.

"Je suis allée à l'arrêt de bus, le premier bus était plein de monde. Le deuxième c'était pareil. Les gens ne pouvaient pas se rendre au travail. J'ai dû marcher un moment", dit-elle.

Selon le maire de Kharkiv, Igor Terekhov, l'attaque, qui a été menée "avec plus de 20 missiles", était la "plus puissante" contre la ville depuis le début de la guerre.

"La ville est totalement privée d'électricité et de ce fait les systèmes de chauffage et d'eau ne fonctionnent pas", a-t-il indiqué en milieu de journée sur Telegram.

Selon lui, l'eau courante arrive aux occupants de cette ville d'environ 1,5 million d'habitants avant guerre mais la "pression est minimale".

Les faubourgs nord-est de la ville sont situés à une trentaine de kilomètres de la frontière russe.

Les forces de Moscou avaient échoué à prendre la ville au début du conflit en 2022, et la localité a été ensuite régulièrement la cible de bombardements.

Les frappes massives de vendredi, qui ont touché Kharkiv et d'autres villes d'Ukraine, ont fait au moins cinq morts et une trentaine de blessées, selon les autorités.

Les attaques ont visé essentiellement le réseau énergétique et privé d'électricité jusqu'à 1,5 million de personnes, selon l'ONU.

Le ministère ukrainien de l'Energie a indiqué avoir restauré le courant pour plus d'un million de consommateurs.

A Kharkiv, les autorités n'ont pas indiqué de délai pour le retour du courant.

"Nous espérons vraiment que nous n'aurons pas à attendre plus d'une journée et que nous pourrons bientôt l'activer, car c'est vraiment très difficile. Le plus gros problème est le réfrigérateur", s'inquiète la jeune étudiante Nastia Volochyna.

Devant un établissement de restauration rapide, Mila fume une cigarette avec un ami.

"Tout est presque fermé maintenant. Le résultat est qu’il fait noir à la maison et qu'on ne peut aller nulle part. Nous sommes venus ici parce que c'est ouvert", dit la jeune femme de 19 ans.

"On ne peut plus trouver de bougies nulle part. Là où l'on pouvait en acheter, c'est fermé", ajoute-elle.

Dans la ville, un camion de pompier sillonne les rues pour annoncer avec un haut-parleur une alerte aérienne en cours, les sirènes habituelles ne pouvant plus fonctionner, faute d'électricité.

epe/fjb